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IDENTITE PROFESSIONNELLE DU CPE
Introduction : Assise textuelle ou attente institutionnelle
Rôle et conditions d’exercice de la fonction de CE et
CPE précisés dans la Circulaire n° 82-482 du 28 octobre
1982
COMMENTAIRE DE LA CIRCULAIRE :
1- Responsabilités communes
Les responsabilités du CPE « s’inscrivent dans la
perspective de la mission éducative de l’Etat »
- idée de travail en équipe (importance réaffirmée
à plusieurs reprises « en étroite liaison »
,
« collaboration », « participer » )
- rôle éducatif du CPE
« Tout adule membre de la communauté scolaire, à
quelque titre que ce soit , participe à cette mission par les
responsabilités qu’il exerce . »
- idée forte de « communauté »
-N.B. : en 82 : mission éducative de la « Communauté
scolaire »
en 89 : reprise condensée en « communauté éducative
»
-rappel très fort, donne le ton. Le CPE a une mission éducative
mais il ne l’exerce pas de manière exclusive, mais en collaboration
avec les autres membres de la communauté scolaire .
2 - Responsabilités spécifiques du CPE
a) Délimitation des responsabilités :
- « Cadre » de compétence : la vie scolaire :
- Définition : « placer les adolescents dans les meilleures
conditions de vie individuelle et collective et d’épanouissement
personnel » :
- définition très large de « vie scolaire »
- réaffirmée plus tard comme étant «
hors du temps
de classe »
- définition à contrario : les responsabilités
du CPE s’exercent dans tous les autres temps autres que celui
du professeur appelé, lui, temps de classe , périscolaire
inclus; définition de la vie scolaire reprise par la circulaire
n° 96-248 du 25/10/1996 relative à l’obligation
légale de surveillance des élèves
- Comment ?
- « interlocuteurs privilégiés » qui
assument l’organisation et le bon déroulement de
la vie quotidienne.
- « organisation de la vie collective » :
- « hors temps de classe »
- « en étroite liaison avec la vie pédagogique
»
-rôle pédagogique « annexé »
: liaison avec l’équipe enseignante
- rôle pédagogique « propre » : 1ère
allusion ?
- « Cadre » de sa mission : un travail dans un contexte
- travail individuel exclu
- travail se situe dans un contexte d’établissement
b) Finalités qu’il doit poursuivre :
- Etre dans une « perspective éducative » : importance
de toujours pouvoir donner un sens à ce que l’on fait (aucune
activité occupationnelle ; notion de sanction éducative)
-Dans le cadre du projet d’établissement :
-Projet éducatif : finalités éducatives adaptées
à un établissement spécifique.
- contrat entre un établissement et l’élève
; s’impose à tous (élèves et adultes) ; importance
de La Règle de droit valable pour tous et par tous (cohérence).
- Importance de l’adaptabilité, de la connaissance de
l’établissement , de son environnement social, culturel,
et géographique.
- idée de va-et-vient permanent entre La Règle de droit,
générale et impersonnelle (théorie), et son adaptabilité
sur le terrain (pratique)
c) Détermination de trois domaines de compétence :
Nous vous renvoyons ici directement au cours de Guilaine MARTINEAU, sur
l’identité professionnelle du CPE.
A retenir :
En tant que membre de la vie scolaire le CPE :
- participe à la mission éducative de l’établissement,
mais pas acteur exclusif du champ éducatif
- il exerce ses responsabilités dans le cadre de la « vie
scolaire », et dans le cadre d’un établissement spécifique
- dans ce cadre, il a pour mission d’être un interlocuteur
privilégié pour tout ce qui concerne l’organisation
et le déroulement de la vie quotidienne ; il organise la vie collective
en étroite collaboration avec la vie pédagogique de l’établissement
et assure le contact avec les élèves sur le plan individuel
et collectif.
- il doit exercer ses responsabilités avec pour finalité
d’être toujours dans une perspective éducative et d’agir
dans le cadre spécifique d’un établissement.
Problématique :
Si l’attente institutionnelle telle qu’elle est définie
en 1982 est si précise, qu’est-ce qui fait dire à
Claude CARRE en 1992 dans son rapport IGEN, « Etablissement et vie
scolaire », que la fonction de CPE est une fonction à «
géométrie variable » et que « la personnalité
fait la fonction ». Cette réflexion garde-t-elle, plus de
10 ans après, toute sa pertinence ?
C’est à ces questions que nous tenterons de répondre.
I- Un sigle ambigu.
Pourquoi CPE, Conseiller Principal d’Education et pas tout simplement
CE, Conseiller en Education ? Car, après tout, aussi vrai qu’un
enseignant enseigne, un CPE conseille en éducation.
NB :Par « principal » signifiait-on déjà à
l’époque, que si le champ éducatif n’est pas
le champ exclusif du CPE (il le partage avec toute la communauté
éducative) il n’en est pas moins le « principal »
acteur et doit à ce titre avoir une place de choix au sein de cette
même communauté afin d’assumer pleinement sa mission
d’organisation et de coordination de l’action éducative.
II- Une fonction récente
Fonction créée à l’origine :
-pour répondre aux besoins nouveaux de dialogue et d’écoute
-pour transcender la rupture (rupture générationnelle, crise
d’autorité, rupture sociale et culturelle) entre les éduqués
et l’institution éducative.
Face à la crise, le CPE est la réponse. Il est à
la fois celui qui intègre les changements culturels liés
aux nouveaux modèles de référence de la jeunesse.
Il est celui qui va s’efforcer de construire les conditions nouvelles
de la pédagogie démocratique.
- CPE né d’une nécessité sociale et culturelle
- CPE perçu comme réponse institutionnelle à «
une crise » des Institutions et notamment de l’Institution
éducative
- CPE stigmate de l’incapacité des membres de l’Institution
éducative (enseignants, chefs d’établissement, surveillants
généraux) à faire face aux nouvelles exigences
sociales.
- CPE « outil » apprécié de l’Institution
pour répondre aux nouveaux besoins sociaux.
- le risque d’un retour disciplinaire :
Nombreux CPE nous alertent périodiquement sur les risques encourus
par le manque d’une assise institutionnelle du CPE :
- Christian VITALI en 2002 dans la revue « Conseiller d’éducation
» n° 146 de décembre 2002 , fait remarquer :
- non seulement que « faute d’engagement collectif déterminant,
l’institution peut, un jour, dissoudre la fonction de CPE comme
elle l’a créée en 1970. Nous [les CPE] sommes à
la merci d’un décret qui peut nous supprimer et nous intégrer
dans des fonctions d’adjoints ou de cadres éducatifs (comme
dans l’enseignement privé) »,
- mais surtout et c’est là l’essentiel, que «
la logique domestique qui attend d’être définie par
ses usagers et l’administration de l’établissement
[…] risque de nous conduire à échéance au
retour disciplinaire[…] faisant ainsi les frais des stratégies
institutionnelles, régressives et mythiques. »
A- Analyse structurelle de la fonction de CPE : une fonction en
rupture.
A défaut de savoir qui est le CPE, on donne souvent de lui une
définition négative, c’est-à-dire que c’est
celui qui n’est ni enseignant ni chef d’établissement.
Illustrations :
- Robert BALLION dans « Migrants Formation » n° 106
de septembre 1996 note : « le problème du pouvoir est central
dans l’analyse des difficultés qu’ont les CPE à
trouver leur place. Celui dont il bénéficie statutairement
est borné par celui de la direction et des enseignants ; leur
marge de manœuvre, leur autonomie d’action sont dépendantes
du bon vouloir, d’un part du chef d’établissement,
d’autre part des enseignants. »
- Maryse BOURGOIN dans « Conseiller d’éducation
» n° 144 de juin 2002 précise : les CPE eux-mêmes
n’ont pas un positionnement clair. « Certains […]
estiment appartenir à l’équipe enseignante : leur
mission essentielle serait de transmettre non pas un « savoir
spécifique » (à l’instar des enseignants)
mais un « savoir être », de former les élèves
à la citoyenneté, à la démocratie. D’autres
intègreraient volontiers le CPE à l’équipe
de direction au risque de réduire la fonction à un rôle
organisationnel : il s’agirait prioritairement de détecter
et de réduire les disfonctionnements inhérents à
l’activité complexe d’un établissement[…]
de faire en sorte que « la maison tourne ». D’autres
enfin tentent de rapprocher la nature de cette fonction de celle qu’occupent
le documentaliste, l’infirmière scolaire et le conseiller
d’orientation »
Et d’ajouter : « toutefois ces derniers détiennent
un savoir qui délimite leur domaine d’intervention. Peut-il
en être de même lorsqu’il s’agit d’éducation
? »
Cependant, comme à chaque fois face à une impasse, il convient
de revenir aux textes, aux origines de la fonction , à son histoire,
et là, le positionnement est clair : le CPE est un professionnel
qui a construit son identité en rupture avec les composants de
l’Ecole (surveillants généraux, enseignants, chefs
d’établissement).
1- Une construction en rupture avec les surveillants généraux. Certains préfèrent rester « prudents » et parler
de « rupture inachevée » ()
Toutefois, la majorité des professionnels qui constituent le corps
des CPE constatent cette rupture. 2- Une construction en rupture avec la fonction enseignante. - Dès sa création et c’est d’ailleurs ce qui
fait sa spécificité par rapport à ses voisins européens.
En effet, comme le COP, le CPE est une spécificité française.
Ailleurs ce sont les enseignants qui assurent ces fonctions d’orientation
et d’éducation : « le modèle professionnel de
l’enseignant inclut la totalité des intervention de nature
éducative dont fait l’objet l’élève »
( R. BALLION).
-le monde enseignant lui-même ne reconnaît pas le CPE comme
un des leurs et n’attend
pas de lui qu’il le soit.
-Pour beaucoup d’entre eux le CPE serait un « administratif
». 3- Une construction en rupture avec celle du chef d’établissement. Pour beaucoup de raisons, notamment de commodité et de simplification,
les enseignants comme les chefs d’établissement, mais aussi
les familles assimilent le CPE à l’équipe administrative.
C’est oublier un peu vite sa particularité : à savoir
qu’il est « un conseiller en éducation »
Raisons de cette confusion :
- présence du CPE comme membre de droit au Conseil d’administration.
- présence du CPE dans les réunions de travail hebdomadaires
avec l’équipe de direction,
- le CPE et le chef d’établissement relèvent de la
même inspection « Etablissement et vie scolaire »,
- le CPE est évalué par une note administrative donnée
par le chef d’établissement, les fonctions de chef d’établissement
sont le seul débouché naturel de la carrière de CPE.
- Le chef d’établissement est le supérieur hiérarchique
du CPE :
- Décret 70-738 du 12 août 1970 article 4 : « sous
autorité du chef d’établissement et éventuellement
de son adjoint, les CPE et CE exercent leurs responsabilités. »
- Nombreux observateurs :
- C. CARRE : la fonction de CPE dépend fortement du chef d’établissement.
Par ses demandes, par sa conception de la vie scolaire, c’est
en effet le chef d’établissement qui infléchit le
rôle concret du CPE. Le CPE ne peut donc pas se créer une
identité propre car il doit s’adapter à la subjectivité
du chef d’établissement et négocier son travail
de gré à gré. Cette approche à pour conséquence
le changement identitaire du CPE à chaque changement du chef
d'établissement.
- R. BALLION s’appuyant sur une étude de 1993 fait remarquer
que l’émergence du rôle pédagogique du chef
d’établissement va tout à fait dans le sens de la
logique fonctionnelle et symbolique de son identité professionnelle
et que désormais ¾ d’entre eux sont convaincus qu’ils
ont à jouer un rôle pédagogique, non seulement en
intervenant à la périphérie de l’acte pédagogique
lui-même[…] mais plus largement en créant les conditions
d’une prise en charge éducative dans trois volets de réalisations[…]
l’établissement d’une véritable vie scolaire
facilitant à la fois l’approbation de l’établissement
par l’élève et l’affirmation de son autonomie
(la maison des lycéens) ; l’apprentissage de la citoyenneté
dans le cadre de l’exercice des fonctions de délégués
; la prévention des conduites à risque avec en particulier
l’instauration de comités d’environnement social
» (CESC aujourd’hui).
Raisons d’une démarcation :
- Institutionnelle : le CPE n’est ni un personnel de direction,
ni d’encadrement : il n’en a ni les contraintes, ni les obligations,
ni les avantages. Discours institutionnel constant en ce sens.
- Fonctionnelle : aujourd’hui il ne viendrait à l’idée
de personne de contester voire de minimiser ce qui fait l’originalité
de la fonction de CPE à savoir sa fonction éducative.
Si pour de nombreux auteurs, Ch. VITALI notamment, la fonction éducative
du CPE est toujours présentée comme enclavée entre
la transmission du savoir et la fonction administrative, on peut aujourd’hui,
nous semble-t-il, sans faire trop figure d’utopiste, lui contester
cet état de fait ou du moins le voir comme quelque chose de résiduel.
B- Les raisons d’une difficile construction identitaire.
1- Une fonction s’exerçant dans le quotidien.
La fonction de CPE s’exerce dans le quotidien ; il lui est difficile
et pourtant nécessaire de prendre du recul pour apprécier
sa démarche.
2- Une fonction s’exerçant dans l’urgence
et la dispersion.
Recherche DEP en 1996 met en avant la multiplicité des tâches
du CPE : en une journée, elles sont au nombre de 17 ; au total,
plus de 77 items différents sont concernés.
3- Une fonction à géométrie variable
D’après R. BALLION, ces 2 traits caractéristiques
sont une des principales raisons de la difficulté qu’il y
a à définir de manière claire une identité
professionnelle du CPE et par là, à lui assurer un positionnement
fort face aux autres catégories de professionnels intervenant dans
son champs que sont les enseignants et les chefs d’établissement.
Ils ont pour conséquences :
- au mieux, de définir la fonction de CPE comme une fonction à
géométrie variable
- au pire, de lui nier l’existence d’une identité véritable
:
- Le CPE serait alors un non- spécialiste exerçant «
autant d’activités jugées comme faiblement qualifiées[…]
relevant de qualités personnelles plutôt que d’une
maîtrise technique ». La fonction de CPE est plus perçue
comme un emploi que comme un métier.
En comparaison, les enseignants et chefs d’établissement
seraient qualifiés d’ « experts » dans leurs
domaines d’intervention respectifs.
- Le CPE serait alors un « professionnel libéral »
pouvant dans la multitude des tâches qui lui incombent privilégier
certaines priorités plutôt que d’autres.
En comparaison les enseignants et chefs d’établissement
seraient de « dignes » représentants du service public
soumis à obligation.
IV- Une identité qui s’affirme
Nous reprendrons ici à notre compte l’analyse faite par
Maryse BOURGOIN dans un article intitulé : I have a dream, véritable
plaidoyer pour la reconnaissance par ses partenaire du CPE.
Elle procède à une démonstration en faisant état,
tout d’abord du manque de pertinence d’une vision classique
de la place du CPE au sein d’un établissement, avant d’asseoir
la nécessité de la concevoir, de façon moderne, à
savoir comme étant centrale, pilote et innovante.
A - D’une fonction marginale à une fonction centrale.
R. BALLION faisait remarquer en 1996 que « depuis quelques années
il leur [les CPE] est beaucoup plus demandé qu’autrefois[…]
au lieu que leur action ne se situe qu’aux marges de la vie de l’institution,
elle est maintenant centrale et cela même dans les établissements
qui accueillent les élèves à bons résultats
scolaires, supposés sans problèmes[…] Cette mutation
[…] ne se traduit que sous forme de tendance, mais est néanmoins
perceptible, en particulier en distinguant des autres les établissements
« efficaces », ceux qui, toute chose égale par ailleurs,
s'en sortent mieux que les autres, donnent à la fonction de CPE
une importance qu’elle n’avait pas auparavant. »
- En 1996 simple tendance ; aujourd’hui réalité
- Preuve de l’efficacité de la nécessité que
le CPE occupe une place centrale
M. BOURGOIN :
Il y a 2 façons de concevoir l’éducation et donc
la fonction éducative : soit on la voit comme une fonction marginale,
soit comme une fonction centrale.
Si elle est considérée comme une fonction marginale :
C’est que :
- la fonction centrale est la fonction d’enseignement
- la fonction éducative est au service de la fonction d’enseignement
- En conséquence :
- la fonction éducative est définie par les autres (enseignants,
chefs d’établissement, familles) : « dépendante
du bon vouloir »
idée contredite par :
- Edgar MORIN rappelle que « le terme enseignement a un sens
plus restrictif, car seulement cognitif » que le terme éducation.
- CH. VITALI : « le modèle éducatif est prescrit
par l’Institution, mais rejeté par les enseignants ».
- Le CPE est considéré comme étant le seul à
ne transmettre aucun savoir.
Idée contredite par :
- Jean- Marc FERT recherche sur le métier de CPE sa professionnalisation
:
- Transmission d’un savoir sous forme d’un « savoir
et savoir être utile à l’évolution du jeune
».
- Caractéristique de ce savoir : être coconstruit :
- La triade éducative serait CPE-Savoir-Elève
- Le savoir construit serait le produit de la relation Elève
- CPE et non un savoir de type instruction
- Ce savoir, de par sa dimension identitaire, a contribué à
déplacer la position du CPE de la marge vers le centre.
- Aujourd’hui, la fonction éducative est vue comme une fonction
centrale :
- Guy DELAIRE : « La vie scolaire ne remplit plus les interstices
entre les cours ; elle est devenue le mode de vie qui conditionne l’acte
d’instruire ».
- En conséquence :
- La fonction centrale, c’est la fonction éducative : ce
sont élèves et éducation qui sont effectivement au
centre du projet.
- C’est la fonction éducative qui condition la fonction d
‘enseignement
- Pour ceci, 2 conditions cumulatives sont nécessaires:
- que le CPE se positionne ainsi,
- que les autre acteurs adhèrent à ce positionnement.
- Cela signifie que:
- Le CPE crée un « climat » relationnel dans l’établissement
de nature à atténuer les tensions…
- « Le CPE est branché sur toutes les interrelations qui
jouent dans la microsociété scolaire. Il y est médiateur-
régulateur – facilitateur – de ces relations, réparant
sans cesse un tissu social qui tend naturellement à se déchirer
par conflit des intérêt de ces groupes constitutifs. »
- « la vie scolaire irrigue [alors] l’acte pédagogique,
contribue à la maturation et à l’équilibre
de l’enfant ou de l’adolescent, parce qu’elle se donne
pour objet la recherche de la cohérence éducative et la
cohésion des équipe d’adultes qui s’y consacrent.
»
B- De la fonction de délestage à celle de pilotage.
Si la fonction est considérée comme une fonction de délestage
:
C’est que :
- Le CPE est défini comme un « auxiliaire éducatif
», définition de R. BALLION : « personnel logistique
à qui est délégué, sous forme résiduelle,
la gestion de ce qui n’entre pas dans la vie de classe. »
- Enseignants se délestent de la partie éducative de leur
mission (terme « éducatif » pris au sens restrictif
: mise en condition de l’élève pour le mettre en situation
d’apprentissage).
- Ce système a été rendu possible, car :
- C. CARRE : « on devait bien pressentir en 1970 qu’en
créant un corps nouveau […], on offrait au corps enseignant
la possibilité de désengagement ».
- Organisation scolaire très centrée sur l’unité
de la « classe » :
- Mais cette vision de la fonction de CPE n’est possible uniquement
que dans système compartimenté
- Or, aujourd’hui, le système est complexe et interdépendant
donc la fonction éducative apparaît nécessairement
comme une fonction de pilotage.
- Définition de fonction de pilotage:
- « mettre en cohérence l’action de tous au service
d’un objectif commun », ici l’éducation de
l’élève.
- Processus dynamique qui place tous les acteurs dans un réseau
d’interactions multiples.
- Affirmation institutionnelle de cette nécessité : Loi
de 1989 : politique de projet d’établissement :
- Requiert le pilotage au niveau de l’établissement :
Alain BOUVIER : « la démarche du projet contribue à
un management politique de l’action, un management par les valeurs,
par le sens et par les finalités poursuivies. »
- Suppose réflexion sur les valeurs, finalités de l’éducation
(importance de cette réflexion mise par J – B. OBIN dans
Les Etablissements scolaires entre l’éthique et la loi,
Hachette, 1996.
- Concertation permanente et cohérence dans le principe éducatif
- Changement de perspective induit la nécessité de modifier
les rôles ; ainsi comme le souligne R. BALLION, l’établissement
doit transformer sa dynamique, son mode d’organisation pour devenir
« une organisation apprenante » pour les élèves,
mais aussi pour les adultes et l’établissement lui-même
(Alain BOUVIER).
C- De l’exécuteur de basses manœuvres aux ferments
de l’innovation.
Si le CPE est considéré comme un exécuteur de «
basses manœuvres » :
-C. CARRE : « il est commode pour une institution de disposer d’une
catégorie d’agents qui font tout ce que les autres ne peuvent
ou ne veulent pas faire. »
- Le CPE a uniquement on rôle de prise en charge des débordements
- Idée contredite par :
- le législateur( notamment loi de 1989),les théoriciens
et observateurs de l’Institution
- la complexité croissante et la globalisation de la société
- Cela signifie que :
La fonction éducative est désormais, nécessairement,
définie comme transversale, c’est-à-dire qui appréhende
l’organisation dans sa globalité, qui par nature est en interaction
avec tous les autres acteurs et s’inscrit spontanément dans
la complexité.
- or, le CPE occupe justement cette position particulière, en
étant au carrefour des activités des autre acteurs.
- D’où le rôle primordial qu’a à jouer
le CPE au sein de l’Institution pour répondre aux besoins
nouveaux d’éducation que la société attend
de son Ecole.
N.B : ne doit-on pas s’étonner de son absence au débat
national sur l’Ecole ?
BIBLIOGRAPHIE :
-Les conseillers principaux d’éducation ; Régis REMY,
Pierre SARAZIN, Christian VITALI
;2000 ; PUF
-le livre bleu des CPE ; CRDP
-Eclairages métaphoriques sur l’établissement scolaire
à l’usage des CPE ; Alain BOUVIER ; 1997 ; CRDP Lyon
-cours du CNED sur l’identité professionnelle préparé
par Christian VITALI
-cours de Guillaine MARTINEAU ; IUFM
-le conseiller principal d’éducation : auxiliaire éducatif
ou pivot de l’établissement ; Robert BALLION ; Migrants-formation
n°106, sept. 1996
-I have a dream, Maryse BOURGOIN ; revue Conseiller d’éducation
n°144,juin 2002 intitulé : Métier et identité
q -colloque de selestat : le CPE, une fonction en constante évolution,
Christian VITALI ; revue Conseiller d’éducation n°146,
dec.2002
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