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Ecole et démocratie
INTRODUCTION
« L’homme, écrit Kant, est la seule
créature qui doive être éduquée. » N’étant
pas dirigé par l’instinct, il doit conquérir par la
culture ce que la nature lui a refusé. L’éducation
a donc pour but de conduire l’homme à sa propre humanité.
Car éduquer c’est conduire un enfant vers la liberté
et l’autonomie, lesquelles ne sauraient se concevoir en dehors du
cadre de la citoyenneté. Dans cette mesure, la question de l’éducation
recouvre étroitement celle des principes, des enjeux et du devenir
de nos institutions républicaines. On constate donc une interdépendance
entre les notions de démocratie et de système éducatif.
En effet l’un permet la survie de l’autre et inversement.
Si la société démocratique ne sait pas éduquer
l’homme à la démocratie, celle-ci perdra conscience
des exigences qui la font subsister. Les hommes oublieront alors quelles
valeurs elle représente. Or les institutions ne sont pas des choses,
elles ne survivent que parce que des personnes s’y investissent.
Le rapport entre démocratie et éducation est donc très
problématique mais il constitue aussi un enjeu de taille. Il en
va de la survie des deux systèmes. Cela passe par un apprentissage
scolaire des valeurs de la démocratie. Comment faire entrer la
démocratie à l’école en intéressant
les élèves aux enjeux de la démocratie ? Nous tenterons
de répondre à cette question en étudiant, dans une
première partie, les principes de base de la démocratie
à l’école ainsi que les différents auteurs
qui se sont intéressés au sujet. Puis dans un deuxième
temps, nous présenterons la démocratie à travers
les différentes formes de représentation des élèves
dans les EPLE.
LA DEMOCRATIE A L’ECOLE
A. Récapitulatif historique
On ne peut évoquer la relation démocratie-école sans
repréciser l’importance de la laïcité. En effet
c’est parce que nous vivons dans un Etat laïc qu’un parallèle
entre démocratie et éducation est possible. Avant les lois
du 09/09/1905 établissant la séparation de l’Eglise
et de l’Etat, la relative mainmise du religieux sur l’éducation
était un frein à l’entrée de la démocratie
dans cette dernière.
A l’exception de la période du gouvernement de Vichy où
le principe de laïcité fut l’objet de nombreuses dérogations,
le caractère laïc de notre Etat permit l’apparition
puis l’éclosion de la démocratie dans notre système
éducatif. Toutefois ce n’est véritablement qu’à
partir de la seconde moitié du vingtième siècle qu’on
assiste au début de démocratisation de l’école.
Nous entendons ici par démocratisation de l’école,
l’entrée de la démocratie dans cette dernière
et non l’instauration d’une école pour tous. Si la
démocratisation de l’école fut un long processus mis
en place durant tout le vingtième siècle, en ce qui concerne
l’entrée effective de la démocratie à l’école
il faut attendre véritablement la loi du 10/07/1989 pour que soit
explicitement défini le lien entre démocratie et éducation.
L’article premier de la loi dite d’orientation stipule en
effet que «le droit à l’éducation est garanti
à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité,
d’élever son niveau de formation initiale et continue, de
s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer
sa citoyenneté ».
L’école n’a donc plus pour seules finalités
d’enseigner et d’éduquer : elle doit aussi socialiser
et l’apprentissage de la démocratie reste le plus sûr
moyen de socialisation. En effet il apparaît primordial de mettre,
dès l’adolescence, les élèves en contact avec
des réalités auxquelles ils seront confrontés à
leur majorité. La loi d’orientation précise aussi
certains droits inaliénables des élèves comme la
création d’un conseil des délégués ou
le respect de leur liberté d’information et d’expression.
Cette loi sera complétée par la circulaire du 06/09/1991
sur les droits et obligations des élèves ainsi que de nombreuses
autres qui fixent les conditions de la représentativité
démocratique à l’école par l’intermédiaire
de certains conseils sur lesquels nous reviendrons par la suite.
Enfin il paraît important de préciser que l’apprentissage
de la démocratie à l’école ne se fait pas que
par la représentativité. En effet l’exercice de la
démocratie est un exercice quotidien qu’il est désormais
possible de pratiquer dans les collèges et les lycées depuis
la réaffirmation pour les élèves de leur liberté
d’expression, d’opinion mais aussi la possibilité qu’ils
ont de se réunir pour dialoguer librement. Sans l’accès
à tous ces droits il n’y aurait pas de démocratie
possible.
B. Quelques approches sur le sujet
Intéressons-nous donc désormais aux différents auteurs
ayant traités des relations entre démocratie et éducation
sous quelque aspect que ce soit.
Dans La démocratie rend-elle l’éducation impossible
? , Guy Coq s’interroge pour savoir si la démocratie est
le meilleur système politique qui soit pour donner une éducation
digne de ce nom à nos enfants. Sans remettre en cause la démocratie
en elle-même, il en établit les limites en précisant
qu’elle contribue à développer certaines carences
dans l’école républicaines, aussi bien des carences
dans l’éducation morale que dans l’éducation
du citoyen, au nom le plus souvent de la laïcité.
Dans La démocratie au lycée, Robert Ballion nous dépeint
un état des lieux relatif à l’exercice par les élèves
des droits et des devoirs qui leur ont été officiellement
reconnus par le décret du 18/02/1991. Dans cet ouvrage, Ballion
revient notamment sur les différents conseils qui permettent aux
lycéens de s’exprimer, en soulignant l’importance du
dispositif de la délégation dans l’apprentissage et
la mise en place de la démocratie au lycée. Il met aussi
à jour les problèmes que sont l’absence de temps dont
dispose les lycéens pour s’ancrer dans ces dispositifs (mandat
d’une année) et les effets négatifs que ce type d’engagement
peut avoir pour l’élève ans son quotidien scolaire
(confusion entre la personne et son rôle, difficulté à
s’engager en suivant une scolarité normale). Globalement
Ballion se montre plutôt optimiste sur la lente marche des établissements
scolaires vers la démocratie.
Olivier Reboul s’est lui aussi intéressé quelque peu
à ce sujet : dans La philosophie de l’éducation, il
aborde en effet ce thème dans un chapitre consacré à
l’autorité. Reboul se demande ce que doit être un enseignement
dans une société qui se veut démocratique. Il répond
à cette question en émettant trois principes :
1°) comme l’a démontré John Dewey, "une société
n’est réellement démocratique que si l’école
forme réellement des démocrates". La démocratie
exige que les élèves acquièrent l’autodiscipline,
le sens de la coopération et le respect de l’autre qui sont
autant de principes nécessaires à son bon fonctionnement
;
2°) l’enseignement fondamental doit durer le plus longtemps
possible. Tous les élèves doivent recevoir une culture de
base aussi complète que possible et donc aussi longue qu’il
le faut. Cela l’amène à se demander si l’on
doit donner à tous le même enseignement fondamental ou au
contraire si l’on doit l’adapter aux aptitudes de chacun (ce
qu’il désigne sous le terme d’enseignement différencié).
Cependant il laisse cette question sans réponse se contentant d’établir
leurs inconvénients ;
3°) l’enseignement, étant destiné à tous,
se doit d’être objectif (terme qu’il préfère
à laïc qu’il juge trop «connoté »).
Autrement dit le maître est là pour enseigner des valeurs
qui ne dépendent pas de sa subjectivité. Or parmi les valeurs
les plus fondamentales qu’il se doit d’enseigner, il y a bien
sûr la démocratie. En démocratie, «l’Etat
(ce qui ne veut pas dire le gouvernement) doit contrôler l’enseignement
pour éviter l’endoctrinement.
Après avoir présenté les différents
points de vue de certains auteurs sur le concept de démocratie
à l’école, nous allons désormais nous intéresser
aux formes concrètes de représentation des élèves
dans les établissements scolaires.
LA PARTICIPATION DES ELEVES AU FONCTIONNEMENT DE L’ETABLISSEMENT
A. Le fonctionnement du système représentatif
Le fondement de ce système est constitué par l’élection
dans chaque classe des délégués des élèves
(circulaire n° 90-292 du 12 novembre 1990).
Les élections des délégués
Elles ont lieu chaque année, dans chaque classe
du collège et du lycée. Il s’agit d’élire
pour chaque classe deux délègues et deux suppléants.
Elle se déroule au plus tard la septième semaine après
la rentrée. Tous les élèves de la classe sont électeurs
et éligibles.
En collège et en lycée, les délégués
des élèves siègent au conseil de classe et sont électeurs
et éligibles pour les élections au conseil d’administration
et aux instances associées.
En lycée, l’ensemble des délégués constitue
le conseil des délégués des élèves.
Les élections des représentants des
élèves au conseil d’administration, à la commission
permanente et au conseil de discipline.
Les représentants des élèves au
CA sont élus par les délégués des élèves
et parmi eux (seul les délégués de 4ème et
de 3ème sont éligibles au collège).
Cette élection se présente comme la précédente.
Les représentants de la commission permanente sont élus
par les représentants des élèves au CA, et parmi
ceux-ci (un au collège et deux en lycée). Les élections
oint lieu au scrutin uninominal à un tour lors de la première
réunion du CA. Les élèves élus à la
commission permanente sont aussi membre du conseil de discipline.
Les élections au conseil académique
(CAVL) et national de la vie lycéenne (CNVL) et au conseil supérieur
de l’éducation Nationale (CSE)
Les élections des élèves aux conseils
académiques de la vie lycéenne (circulaire n°91-270
du 9 octobre 1991, n°95-288 du 27 décembre 1995 et n°92-083
du 10 février 1992) sont des élections au second degré.
Il s’agit d’élire des grands électeurs parmi
les délégués d’élèves, ces derniers
élisant à leur tour les élèves qui siégeront
au CAVL.
C’est le chef d’établissement qui communique à
l’inspecteur d’académie les noms des délégués
des élèves candidats au CAVL. Ensuite, l’inspecteur
fait procéder à l’élection des représentants
des élèves au CAVL. Les élections ont lieu à
bulletins secrets au scrutin plurinominal majoritaire.
Le CNVL comprend 28 délégués élus, c’est
à dire un par académie, en plus des trois délégués
élus au CSE. Tous les membres des CAVL sont électeurs et
éligibles. Les élections se déroulent à bulletins
secrets au scrutin uninominal à un tour.
L’élection des représentants des élèves
aux CSE est organisée par correspondance. Ce sont les représentants
des élèves aux CAVL qui constituent le corps électoral
et qui sont les seuls éligibles.
Les élèves participent également
à d’autres instances par le biais de la désignation,
comme pour la commission d’attribution des fonds sociaux en lycée,
de la commission d’hygiène et de sécurité ou
encore du comité d’éducation à la santé
et à la citoyenneté.
B. Le rôle des élèves dans les instances participatives
Les rôles des élèves dans les différentes instances
varient. Ils peuvent avoir un rôle consultatif, constituer une force
de proposition, voire de décision ; ils sont tantôt minoritaires,
tantôt majoritaire.
Le conseil de classe
La participation des délégués des
élèves au conseil de classe, inaugurée en 1968, constitue
leur fonction de base. C’est aussi celle dans laquelle les élèves
se trouvent les plus impliqués. Ils peuvent être sollicités
pour un point de vue général de la classe ou pour un cas
particulier mais sont souvent simplement oubliés lors des débats.
Le conseil est le plus souvent une chambre d’enregistrement ou leur
rôle reste mineur. Ils devront cependant faire le compte rendu de
ce qui a été dit auprès de leur classe.
Le CA et la commission permanente
Les élèves qui y siègent sont donc
les représentants de l’ensemble des élèves
de l’établissement. Si le conseil de classe est considéré
comme une réunion essentiellement pédagogique, où
tout le monde se connaît et dont les enjeux sont personnels, il
n’en est pas de même pour le CA, où le nombre de participants
est plus élevé (24 en collège et 30 en lycée).
Il est question de projet d’établissement, de son budget
et de l’organisation générale de l’enseignement.
Les délégués ont là un rôle plus institutionnel
et plus proche du fonctionnement réel de la délégation
démocratique.
Le conseil de discipline
Ce conseil est particulier. Il n’est réuni
que sur l’initiative du chef d’établissement en cas
de manquement grave de la part d’un ou de plusieurs élèves
passibles d’une exclusion supérieure à 8 jours. Les
élèves peuvent y être présents à des
titres différents : élus à la commission permanente,
témoins ou incriminés. Seul les délègues élus
ont voix délibératives lors du vote, les autres sont présents
à titre consultatif. Les élèves sont dans une position
difficile car ils doivent juger l’un de leur pair.
Le conseil des délégués des
élèves en lycée
Ce conseil est constitué de l’ensemble des
délégués élus auxquels se joignent le ou les
CPE, le chef d’établissement, président et l’adjoint.
Les élèves y sont majoritaires et les débats portent
sur les problèmes de la vie scolaire et sur les dispositions du
règlement intérieur et du projet d’établissement.
Les élèves sont amenés à donner leur avis
sur les activités socio-éducatives offertes par les associations
qui ont leur siège dans l’établissement, à
faire des propositions pour utiliser les fonds de vie lycéenne
mais aussi pour améliorer la formation des délégués
en collaboration avec les CPE. Le chef d’établissement est
tenu de réunir le conseil des délégués au
moins trois fois par an. Ce conseil est exclusivement consultatif, il
ne peut que formuler des avis et des recommandations.
La commission d’hygiène et de sécurité
C’est un organe consultatif qui a pour but de faire
des propositions au CA pour promouvoir la formation à la sécurité
et à l’hygiène dans l’établissement.
Les deux délégués des élèves qui en
font partie ont voix délibérative et siègent en tant
qu’usagers.
Le CAVL, le CNVL et le CSE
Le CAVL est présidé par le recteur. Cette
instance académique a un rôle consultatif concernant la vie
scolaire et l’organisation de l’enseignement dans les lycées
et EREA de l’Académie. Il comprend 40 membres dont au moins
la moitié de délégués des élèves
élus chaque année. Les autres membres représentent
l’éducation nationale, les collectivités territoriales,
les parents d’élèves et le monde associatif et économique.
Le CNVL est exclusivement composé de délégués
des élèves (28 élus, plus les trois représentants
des élèves au CSE), réunis sous la présidence
du ministre de l’éducation nationale. Ce conseil se réunit
au moins deux fois par an, sur convocation du ministre. Il permet à
ce dernier de ce tenir informé par les intéressés
eux-mêmes de toutes les questions relatives à l’organisation
du travail scolaire, à la vie matérielle, culturelle, sociale
et sportive des lycéens.
Les délègues des lycéens sont membres du conseil
supérieur de l’éducation nationale depuis 1992. Ils
y sont minoritaires puisqu’ils n’occupent que 3 sièges
sur 97. C’est leur rôle le plus politique puisque le CSE est
obligatoirement consulté sur toutes les questions et projet de
réformes qui concernent l’enseignement ou l’éducation.
C. La formation des délégués
Les orientations dans les textes
Les textes de références s’inscrivent
dans la lignée de la loi d’orientation de 1989 qui affirmait
placer l’élève au centre du système éducatif.
La participation des délégués aux différentes
instances de l’établissement et leurs larges compétences
consultatives sont autant de décisions institutionnelles significatives
de la volonté de responsabiliser les élèves et de
les préparer à la citoyenneté. Une formation des
délégués est selon la circulaire n°20-292 du
21/11/1992 : « indispensable si l’on veut que les délégués
des élèves deviennent des partenaires à part entière
de la communauté éducative ». Les objectifs sont répartis
en plusieurs catégories :
- ceux ayant trait à la formation civique, au droit d’expression
et à l’apprentissage de la responsabilité
- ceux portant sur la connaissance de l’établissement et
de son environnement
- ceux se rapportant au fonctionnement de l’établissement
Mais ces conditions ne sont pas toujours respectées sur le terrain.
La conception et la réalisation d’une formation des délégués
permettent de mesurer les conditions de responsabilisation des élèves
dans un établissement scolaire.
Les conditions de mise en place de la formation
Il faut nécessairement prendre en compte le contexte
de l’établissement et se demander quel intérêt
présente une formation de délégués pour chacun
des membres de la communauté.
Il faut considérer comme faisant partie de l’action de formation
tous les aspects du travail des délégués, c’est
à dire la préparation et organisation des élections,
la mise en place de la formation, etc.…
La formation des délégués est à concevoir
sur l’année scolaire, mais on gagne à l’insérer
dans un processus continu de régulation des relations entre partenaires
éducatifs sur plusieurs années.
Les textes recommandent de considérer la formation des délégués
comme un volet du projet d’établissement.
Cette volonté de former les délégués est liée
également à celle d’améliorer les rapports
entre adulte et jeunes, donc la formation doit associer les principaux
partenaires de la communauté éducative. Il ne faut pas que
le CPE considère que la formation des délégués
relève de sa seule compétence. Elle fait certes partie de
ces responsabilités mais il est de son ressort de constituer une
équipe autour de ce projet, ainsi la charge de travail est repartie
et les échanges entre partenaires et les prises de conscience qui
en découlent favorisent le changement.
D. Les dispositifs sociaux et pédagogiques
Le foyer socio-éducatif (FSE)
Le FSE fut créé pour palier les difficultés
rencontrées dans ces établissements entre les études,
les loisirs et l’internat. Les FSE sont officiellement agréés
par le ministère de l’éducation nationale depuis le
13 mars 1962. le 14 juin 1960 est étudié un projet de statut
de foyer culturel dans le cadre d’une étude du problème
de l’éducation permanente. En 1961, c’est le terme
«foyer socio-éducatif » qui est retenu. Les finalités
du FSE sont :
- l’organisation de la vie collective en milieu scolaire
- le changement de comportement des deux groupes cohabitant dans l’établissement
scolaire : adulte et jeune
- la révision des conceptions sur l’éducation et la
formation
Actuellement, les FSE existe toujours mais leurs activités ont
varié en suivant la demande sociale.
Le FSE doit être en conformité avec les principes de laïcité
et de neutralité des règles de fonctionnement des établissements
publics d’enseignement. Les objectifs des associations et les modalités
de fonctionnement sont rappelés dans la circulaire du 25/10/1996.
Ces associations concourent à l’éducation du citoyen
par la prise d’initiative et de responsabilité des jeunes,
avec accompagnement des adultes. Le conseil d’administration du
FSE est un organe de décision. Il est cependant soumis au contrôle
du CA de l’établissement (article 16 du décret du
30/09/1985).
La maison des lycéens (MDL)
Le FSE devient la Maison des Lycéens dés
1991 en lycées.
Elle doit être le point de cristallisation de l’ensemble des
droits des lycéens mis en place. Droits d’expression, de
réunion, d’affichage, d’association, on devrait tout
trouver dans la Maison des Lycéens. La MDL n’est en quelque
sorte que le FSE avec un développement de la responsabilité
des lycéens puisque, aux termes des nouveaux textes, sa direction
peut être totalement assurée pas les lycéens majeurs.
Cependant cette montée en charge des responsabilités ne
doit pas exclure les adultes de la communauté éducative.
La MDL doit être un lieu d’apprentissage de la citoyenneté,
un lieu de réunion et de convivialité, l’institution
essentielle du développement de l’action culturelle dans
l’établissement.
La commission d’attribution des fonds sociaux
et le comité d’éducation à la santé
et à la citoyenneté (CESC)
En ce qui concerne les fonds sociaux instaurés
en lycées (1991) puis en collège (1996), c’est le
chef d’établissement qui est décisionnaire. Mais il
doit constituer une commission qui est appelé à statuer
sur les dossiers dont elle est saisie. La composition de cette commission
est ouverte et laissée à l’initiative du chef d’établissement
mais elle doit comporter au moins un délégué des
élèves.
Le rôle du CESC est de prévenir parmi les élèves
les conduites déviantes et à risque en assurant une liaison
entre l’établissement et son environnement immédiat.
Ce comité contribue à des initiatives en matière
de lutte contre l’échec scolaire, d’améliorations
des relations avec les familles, en particulier les plus démunies,
de médiation sociale et culturelle. Les élèves présents
ne doivent pas obligatoirement être délégués.
L’heure de vie de classe
L’heure de vie de la classe est une heure formatrice
et ouverte sur la vie, une heure de préparation à la citoyenneté.
Une heure dite de vie de classe est incluse dans l’emploi du temps
des élèves de la 6ème à la terminale. Aucun
professeur n’est titulaire de cette heure. Son contenu est proposé
par la classe elle-même ou par un adulte avec l’accord de
la classe, par exemple : préparation des élections des délégués
de classe, débats, etc.…
L’Education Civique, Juridique et Sociale (ECJS)
Cet enseignement n’est dispensé qu’au
lycée et s’inscrit dans la continuité de l’enseignement
de l’éducation civique au collège. La priorité
est donnée aux objectifs et aux méthodes. Le fondement de
l’ECJS défini dans le BO est «l’idée que
l’on ne naît pas citoyen mais qu’on le devient ».
L’apprentissage du débat argumenté et la constitution
de dossiers documentaires sont présentés comme les supports
pédagogiques privilégiés de ce nouvel enseignement.
CONCLUSION
La relation démocratie-école est donc des plus complexes.
L’instauration de la démocratie dans les établissements
scolaires, à travers la délégation ou les différents
conseils, est le résultat d’une politique scolaire qui a
mis longtemps à se mettre en place .Toutefois l’école
ne pourra jamais être réellement démocratique car
elle met en relation deux mondes qui s’opposent : d’un côté
des adolescents qui apprennent et de l’autre des adultes qui les
évaluent. De même s’ils sont présents dans de
nombreux conseils, il est vrai qu’à l’intérieur
de ces conseils leur parole n’est pas prise en compte autant qu’elle
devrait l’être. Il serait dommageable que les droits accordés
aux élèves n’aient constitués qu’une
réponse politique sans suite aux mouvements de 1990.
Références bibliographiques :
Guy COQ, La démocratie rend-elle l’éducation impossible
?
Robert BALLION, La démocratie au lycée
Olivier REBOUL, La philosophie de l’éducation
Circulaire n° 90-292 du 12/11/90
Décret n° 85 – 1348 du 18/12/85, article 4
Circulaire n° 91-270 du 9/10/92
Circulaire n° 95-288 du 27/12/95
Circulaire n° 92-083 du 10/02/92
Circulaire n° 97-085 du 27/03/97
Décret n°91-1194 du 27/11/91
Décret n°95-1295 du 18/12/95
MOENS Wilfried
MUSSET Nelly
2003-2004
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