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Une mesure complémentaire de l’outil de vie scolaire consisterait dans des échanges pédagogiques très pratiques pour trouver des adaptations fines et concrètes en fonction de la singularité des situations rencontrées. De tels échanges peuvent aussi inspirer des contributions écrites à nos pages-web, anonymées ou non, au choix des partenaires. L’intérêt des « Visites pédagogiques » dépasse largement la problématique de la gestion de classe, c’est pourquoi elles peuvent aussi donner lieu à une diversification de nos pages dans le sens de réflexions pédagogiques et didactiques. Le point commun à toutes ces pages résidera dans la méthode : ces réflexions sont ouvertes à tous dans un esprit de dialogue constructif et en s’appuyant sur les compétences des différents collègues aussi bien chercheurs qu’enseignants de terrain du primaire, du secondaire et du supérieur, sans aucun esprit de chapelle. Il s’agit d’une formation par les pairs qui suppose un esprit d’ouverture à la pluralité des pratiques observées. Voici un lien vers le fil de discussion des « Visites pédagogiques » sur le Forum du Débat national sur l’avenir de l’école : http://www.debatnational.education.fr/forum/viewtopic.php?t=64
Un complément de formation permanente pour rompre l’isolement du professeur dans sa classe
Il sera demandé à chaque professeur en
exercice dans l’enseignement secondaire et supérieur d’attester
d’une somme supérieure ou égale à quatre
visites ou accueils pédagogiques par an.
cette mesure répond à plusieurs impératifs d’actualité : 1. La recherche d’une amélioration du Service public fondée sur une vision qualitative et non quantitative : il s’agit d’une mesure à moyens constants portant sur le perfectionnement de l’existant. 2. La prise en compte des doléances des enseignants au sujet des conditions de leur formation initiale et continue : depuis longtemps, les enseignants se plaignent du caractère « trop théorique » des formations qui leur sont proposées. Or, il s’agit de généraliser les dimensions existantes de la formation qui semblent les plus utiles au enseignants eux-mêmes : à savoir les observations dans les classes accompagnées d’échanges pédagogiques sur des problèmes d’organisation concrète de la classe et des cours. 3. Faire évoluer la conception du travail par les enseignants eux-mêmes : chaque discipline et chaque catégorie d’enseignant défend son identité au risque de menacer la cohérence et la vision d’ensemble du système éducatif. Il est possible de mener une carrière complète en ignorant tout de l’activité de ses collègues à des niveaux différents, dans des disciplines différentes et, comble du cloisonnement, dans la même discipline. Chaque professeur forme un groupe d’élèves à la manière d’un travailleur indépendant, sans pouvoir observer les conditions antérieures, simultanées et postérieures à son propre enseignement. Dès lors, comment comprendre l’origine des difficultés des élèves et comment les orienter ? Il s’agit par conséquent d’inciter les enseignants à travailler en équipe sans toutefois tomber dans la « réunionite » qui n’en fournit que la caricature.
Développement du concept Dans la perspective d’un étayage de l’outil de vie scolaire, une mesure contribuerait à la résolution de nombreux problèmes : il s'agit de Visites pédagogiques. D'un coût nul, de bon sens, utiles, d'une grande souplesse et très faciles à appliquer au collège, au lycée et dans l'enseignement supérieur en général, ces visites peuvent jouer un rôle dans l'enseignement primaire, mais seulement dans certaines conditions que nous détaillerons. Constat : les enseignants sont probablement les seuls salariés à ne pas pouvoir partager l'essentiel de leur geste professionnel avec leurs pairs. En dehors de discours sur les théories et les pratiques pédagogiques, il n'existe pas de formes d'échange entre égaux au cœur de l'acte professionnel lui-même, l'acte d'enseigner. Problème : la formation initiale et continue des enseignants fait ainsi l'impasse sur la réflexion entre collègues de fonctions et statuts égaux à partir de pratiques directement et immédiatement observées en classe. Beaucoup de débats pédagogiques et éducatifs stériles naissent de l’impossibilité de vérifier si les mêmes mots désignent bien les mêmes choses dans l’environnement très complexe et la totalité organique de la classe. On peut réfléchir avec des appuis théoriques sur des pratiques toujours singulières, mais on ne peut pas déduire une pratique univoque à partir d’une théorie normative. Expérience : en pédagogie, il peut exister un abîme entre le dire et le faire que seule l’observation réfléchie au cours d’un dialogue informé peut contribuer à combler. Il s’agit du sens des visites pédagogiques. Définitions : la Visite pédagogique consiste à assister au cours d’un collègue, suivi d’une discussion avec celui-ci. Il en résulte une définition presque symétrique : un Accueil pédagogique consiste à laisser un collègue assister à votre cours, suivi d’une discussion avec celui-ci. Chaque enseignant choisit souverainement d’accueillir ou de visiter qui il désire parmi l’ensemble du corps enseignant, sans la moindre restriction — soit un choix de près de 900 000 collègues. Les caractéristiques essentielles permettant de distinguer cette mesure simplement complémentaire de dispositifs analogues qui fonctionnent déjà très bien et qui doivent donc nécessairement être préservés dans l’intégralité de leurs fonctions actuelles sont :
Modalités dans l’enseignement secondaire et supérieur : l’établissement de rattachement contrôle l’accomplissement des rencontres entre collègues en certifiant des bulletins de présence et en vérifiant annuellement que la somme des Visites et des Accueils soit supérieure ou égale à 4, hors décompte des actions similaires menées au titre des inspections, du tutorat ou du conseil pédagogique. Cette mesure s’applique à tous les professeurs stagiaires et titulaires en exercice. Toutes les combinaisons sont autorisées pour parvenir à une somme annuelle de quatre Visites ou Accueils. Modalités dans l’enseignement primaire : les enseignants du premier degré peuvent accueillir à tout moment ceux du secondaire et du supérieur, mais il leur est plus difficile de rendre visite à leurs collègues du fait d’un emploi du temps plus contraignant. De plus, ils peuvent être gênés par un certain éloignement géographique. C’est pourquoi, il convient de restreindre l’obligation des Visites et des Accueils pédagogiques aux seules périodes de formation pendant lesquelles les Professeurs des écoles et les Instituteurs peuvent être remplacés. Les maquettes de formation initiale et continue du premier degré devront ménager des périodes d’échanges professionnels d’après le modèle précédent, soit une somme de Visites ou d’Accueils supérieure ou égale à quatre et dont la nature exacte est à déterminer en concertation avec les collègues en situation de formation initiale et continue, en respectant leur faculté de choisir le plus largement possible parmi leurs 900 000 collègues qui ils acceptent d’accueillir dans leur classe et qui ils souhaiteraient visiter. L’opinion générale : beaucoup d'enseignants reprochent à la formation initiale et continue d'être « trop théorique ». Par ailleurs, ils témoignent d’une grande estime envers les dispositifs de formation, de conseils pédagogiques et d’inspection incluant des échanges pédagogiques sur le terrain. Critique de cette opinion : il est vain d'espérer une réflexion théorique totalement adéquate à la subtile diversité des pratiques. Comme l'écrivait Aristote : « il n'y a de science que de l'universel ». Aucun enseignement pédagogique ne pourra donc jamais former, au sens précis du terme, les enseignants à l'utilisation de techniques pédagogiques particulières. Il n’y a aucun progrès immédiat en terme de savoir-faire professionnel à attendre de discours théoriques ou même de discours sur les pratiques. Pourtant, cela ne disqualifie en rien une formation théorique ou pratico-théorique du type des « Analyses de pratiques professionnelles » récemment mises en place et dont l’utilité a été reconnue. Celles-ci pourraient toutefois être offertes, par exemple sous la forme de chats ou de forums, en formation à distance par Internet, pour les stagiaires qui préfèrent ce mode de formation à celui rendant nécessaire une présence physique sur le site. Il conviendrait d’explorer les ressources de l’Internet dans la formation de stagiaires et même dans la formation continue, formations dont une partie significative, voire l’essentiel du budget consiste en remboursements des frais de déplacement. 1) Une formation théorique et pratico-théorique initiale est nécessaire : le sens d'une formation générale est de définir une histoire et un langage communs pour les enseignants stagiaires et titulaires, en précisant le vocabulaire et les grandes problématiques éducatives, sans parti pris de type idéologique, mais soucieux que chacun puisse identifier les postulats implicites dans sa pratique. Afin d’alléger les aspects les plus informationnels de la formation initiale, il convient d’étudier la possibilité de transmettre ces notions en formation ouverte, permanente et à distance, grâce à l’outil informatique et à la participation active à certains travaux. Une telle évolution de la formation permettrait de réaffecter certains moyens au sein des IUFM de la formation sur site vers la formation à distance, moins coûteuse et peut-être mieux vécue par les stagiaires auxquels on pourrait offrir ce choix. Sans la transmission de cette histoire des valeurs et des pratiques de l’éducation et de ce langage commun, c'est-à-dire sans enseignement théorique, aucune pratique ne saurait être intelligible et susceptible de nourrir des dialogues tout en limitant polémiques, équivoques et malentendus divers. De même que je ne puis percevoir qu’il neige si je demeure incapable de nommer ce phénomène, de même, il n’y a pas de pure observation sans mise en œuvre de catégories et donc de théories dans le cadre d’une expérience au sens exact du terme. On doit ajouter qu’il n’y a aucun espoir de fournir une interprétation rigoureuse des causes d’une situation observée sans véritable lecture des problèmes théoriques. Observer pendant un temps très long et dans diverses situations le phénomène de l’ébullition ne permet en rien de parvenir à son explication, pour ce faire, il faut une théorie des phénomènes physiques. Celle-ci peut alors donner tout son sens à la notion très complexe d’expérience. La notion d’expérience pédagogique est également d’une très grande complexité. C’est pourquoi, il est nécessaire d’offrir des contenus théoriques et d’inciter les professeurs à compléter leurs connaissances par la lecture d’ouvrages. Néanmoins, il paraît difficile et même a priori peu motivant de concevoir un contrôle permanent de cet aspect de la formation qui doit demeurer en grande partie autonome. 2) Un complément pratique continuel est indispensable : observer un collègue au travail dans sa classe ou bien être observé par lui, puis se livrer à des réflexions dialoguées permet de fonder une expérience pédagogique d’une qualité sans équivalent. Chacun est en mesure d’en reconnaître l’évidence, la valeur et le sens, il n’apparaît donc pas utile de développer une argumentation sur cet aspect qui offre un écho à l’opinion générale. Il s’agit de promouvoir les meilleures pratiques existantes tout en les complétant en faisant jouer un rôle à la notion essentielle d’égalité des fonctions et des compétences entre collègues au cours de ces échanges. 3) Une formation générale continue basée sur l’analyse théorique des pratiques professionnelles complète ce dispositif de formation : pendant les stages de formation continue, les échanges entre collègues seront plus rigoureux si l’observation jointe aux concepts donne lieu à un discours qui, d’un point de vue épistémologique, satisfait à la notion complexe d’expérience. Par ailleurs, des enseignements offrant des compléments disciplinaires sont bien sûr indispensables et les réflexions sur la didactique des disciplines seront rendues encore plus précises et exactes du fait de cette expérience commune. Enfin, les pages-web dont nous proposons la construction collective sous la forme d’une véritable coopérative électronique des savoirs fondés sur l’expérience professionnelle des collègues ne pourrait qu’être enrichies par des contributions écrites et des dialogues grâce aux « Visistes pédagogique » et à leur collection ainsi qu’à leur mise en perspective. Conditions générales d’efficacité : pour se former, un professeur doit effectuer régulièrement des comparaisons entre ses pratiques et celles de ses collègues. Il doit méditer longuement pour diagnostiquer les points forts et les dimensions à améliorer dans sa pratique. Il doit faire des tentatives et pouvoir les apprécier ou les faire apprécier, puis en tirer de nouvelles conclusions, sans discontinuer, tout au long de sa carrière. Sans renouvellement des pratiques, le métier devient vite ennuyeux, on sombre dans la grisaille et la routine. C’est pourquoi, il convient de prolonger les Visites et les Accueils pédagogiques pendant toute la carrière de chaque enseignant. Les lectures sont aussi très importantes, mais plus difficilement contrôlables. En conclusion : il est demandé aux
enseignants de déterminer eux-mêmes, en fonction de leurs
besoins et des modalités qui leur semblent les plus appropriées,
le contenu d’un nombre minimum de rencontres et d’échanges
pédagogiques avec leurs collègues. L’objectif des
« Visites pédagogiques » et des pages-web en construction
coopérative est de résoudre le problème de l’isolement
des collègues dans des situations d’exercice devenues souvent
de plus en plus difficiles. L’ensemble de ces travaux doit être
le témoignage de nos valeurs de solidarité dans un contexte
où l’individualisme joue le plus souvent contre lui-même.
Rompre avec l’opposition stérilisante de l’individuel
et du collectif est la philosophie même de ces travaux.
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