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Outil de vie scolaire


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Mode d'emploi de l'outil de vie scolaire

 


Le lien « Maquettes (PDF, RTF)» fournit des exemples de fiches possibles, l’une est en mode partenaire, l’autre en mode indépendant. Des indications complémentaires sont fournies à partir du lien « Variantes de l’outil » dont l’objectif est d’inspirer des adaptations sans doute nécessaires en fonction des différents contextes et du type d’autorité souhaité par les utilisateurs.


Recommandations générales et sens des principaux usages


D’une manière générale, le but de ces fiches est d’avoir une autre forme de recours que de crier quand un élève désobéit => il est préférable de faire des sommations écrites sur ces fiches, puis de punir, voire même de demander des sanctions lorsque la situation s’aggrave. Comme des traces sont archivées, le dossier motivant ces demandes de soutien sera beaucoup plus étayé que d’habitude, ce qui garantit une meilleure efficacité des démarches. Ces fiches vous permettent de mieux canaliser vos émotions (votre indignation) tandis que l’un des motifs rendant toute forme de provocation intéressante pour un élève est précisément de vous faire crier. Il sera beaucoup plus fort et dissuasif à moyen et à long terme de ne pas céder à ces provocations et de prendre des mesures donnant lieu à des conséquences véritables, ce que ne sont pas de simples cris…

Le numéro de la Fiche de liaison est indiqué en haut à gauche de la fiche, afin de bien situer les comportements et de justifier l’augmentation progressive des sanctions dans la perspective de la récidive : le même acte dans la fiche n°1 n’est pas l’expression d’une intention systématique de nuire. Il n’en va pas de même si on en est à la fiche n°3 ou 4, par exemple. Cet indice peut permettre de justifier un manque d’équité purement apparent, si deux élèves qui ont commis le même acte au même moment ne sont toutefois pas sanctionnés de la même manière. Il sera ainsi beaucoup plus facile de montrer que la différence de traitement est simplement déduite de la prise en considération du numéro de la fiche, ce qui induira l’idée que toute résistance ne fait que compromettre davantage l’élève et ne lui permet pas de focaliser son argumentaire sur l’énervement qu’il pourrait plus facilement induire chez un professeur dépourvu de fiches clairement tenues à jour.

La bonne tenue des fiches doit permettre au professeur de canaliser ses propres émotions, sa propre agressivité naturelle. A chaque fois que vous paressez agressif, vous paraissez injuste, ce qui nuit à votre autorité. Les membre d’un groupe recherchent en priorité une protection efficace contre d’autres membres (d’où le phénomène de leadership du caïd) et en second lieu que cette protection soit juste, afin de garantir la stabilité émotionnelle du groupe et d’apaiser les conflits entre les personnes par un arbitrage lisible et efficace.

Savoir vers qui il faut se tourner pour obtenir une protection efficace contre le groupe est le premier objectif d’un élève, dès son arrivée dans la classe. Lorsque la ou les personne(s) capable(s) d’assurer ce pouvoir est/sont identifiée(s), on observe alors un phénomène de « basculement » de la majorité de la classe en sa faveur, pour une raison qui n’a rien de moral, mais qui repose sur l’impératif de sécurité. En effet, sans sécurité, la notion de morale et celle de justice ne sont que des vues de l’esprit. Dans un second temps, on recherchera à s’afider au pouvoir le plus juste, parce qu’il représente une double forme de sécurité, d’abord par sa capacité à apaiser les conflits sur le long terme, ensuite parce qu’on obtient ainsi l’assurance que la personne offrant une protection efficace ne formulera pas d’exigences inéquitables qui causeraient d’éventuels préjudices par la suite.

L’autorité sur un groupe est donc toujours et nécessairement un phénomène politique. L’ensemble de la classe basculera toujours du côté du vainqueur et ce à n’importe quelles conditions, ou presque. Il faut donc construire votre autorité d’une manière solide, étayée par des preuves de votre efficacité, de votre cohérence jusque dans les conséquences et de votre sens de l’impartialité et de l’équité, puisque vous vous soumettez vous-mêmes aux règles dont vous êtes l’arbitre. Face à ce dispositif bien structuré, la forme de leadership charismatique assurée par le caïd semblera vite incertaine, précaire et sans codification claire susceptible d’inspirer confiance.

L’autorité sur un groupe ne peut être fondée sur un approche strictement morale de ce phénomène, du fait que ce qui provoque le soutien du tyran contre la « belle âme », c’est précisément qu’elle n’a, pour reprendre le mot célèbre de Hegel, pas de mains et que des « mains sales » offrent de meilleures garanties contre les injustices du groupe qu’un maître purement juste et totalement laxiste. Toutefois, ce serait une grave erreur que d’imiter les procédés autoritaires des caïds, car la déontologie du métier de professeur comprend l’acte d’éduquer et éduquer, c’est permettre à l’élève de comprendre, selon le mot d’Hannah Arendt, que « L’autorité implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté » (La crise de la culture). Or, la liberté ne saurait être compatible avec l’obéissance à des règles arbitraires et injustes, c’est pourquoi l’éducateur doit toujours, à la différence du caïd, fonder son autorité et ses commandements sur des principes qui limitent ou donnent une mesure à son pouvoir d’après des lois édictées dans l’intérêt immédiat des élèves.

Pourquoi est-on soumis au stress d’un certain nombre de provocations ?

Parce que leur principal objectif est de vous conduire à prendre des décisions injustes ou contestables, ce qui n’est pas exactement la même chose, mais peut se révéler politiquement tout aussi désastreux. Ces provocations ont pour but de vous énerver afin d’administrer la preuve de votre arbitraire et de votre partialité dans le choix des remarques ou des sanctions. Plus vous succomberez à ces tentations, plus votre position sera affaiblie par rapport au groupe et plus il deviendra intéressant et « rentable » de multiplier les provocations, dans la mesure où vous donnez ainsi la tête la première dans les pièges qui vous sont instinctivement tendus par certains élèves.

Ces fiches sont destinées à vous offrir des repères et des directives stables pour contrôler des situations instables et floues.

Ces fiches ne peuvent éliminer les conflits qui sont un phénomène tout à fait naturel (dans certaines proportions), surtout chez l’adolescent dont une étape du développement consiste à manifester son courage en défiant l’autorité des adultes.

Ces fiches sont destinées à vous donner des repères dans la gestion des conflits et notamment dans les cas de désobéissance afin que l’opposition ne s’envenime pas et ne devienne pas celle de deux individus, mais d’un individu par rapport à une loi qui se trouve arbitrée par l’adulte.

L’objectif de ces fiches est de vous permettre de focaliser en priorité votre attention sur certains comportements, alors que la stratégie de certains élèves ou de certaines classes particulièrement agitées est de multiplier les formes et les aspects du désordre afin de vous pousser à la faute au sujet de la distinction cruciale entre comportements de gravité légère, moyenne et lourde. En réalité, ces formes sont en nombre beaucoup plus limité qu’on ne le croit habituellement, car on peut réduire cette diversité apparente à des catégories par rapport auxquelles il est possible de mener des réflexions anticipées et de décider d’un cadrage consensuel entre collègues, à condition de recourir à des échanges d’analyses de pratiques sur ces items et sur les dispositions à mettre en œuvre pour canaliser certains comportements indésirables.

Sans repères comportementaux fixés à l’avance, il est probable que vous serez amenés à confondre ces catégories dans le vif du sujet et que vous aurez non seulement à en subir les conséquences à court terme (se justifier par rapport à des réactions inappropriées), mais encore à long terme, car vous donnez ainsi des signes involontaires de ce que la brèche dans votre défense se situe à cet endroit précis.

 

Descriptif dynamique

Dans les Fiches, la colonne de gauche précise les comportements : on peut l’aménager à sa guise, à condition de respecter ces trois critères fondamentaux :

1. gravité moyenne, c’est-à-dire comportements tout à fait sanctionnables, mais seulement après avoir procédé à des sommations d’usage,
2. exigences consensuelles,
3. comportement bien individualisé et qui n’admet pas de degrés (qui est ou qui n’est pas), d’où preuve facile à établir par le professeur lui-même, sans s’appuyer sur des dénonciations.

La colonne centrale est à remplir par le professeur qui, en mode partenaire seulement, remet la fiche à l’élève en fin de cours, pour signature des parents, des tuteurs ou de l’élève majeur lui-même. Une variante possible consiste à ne pas toujours faire signer la fiche en mode partenaire, mais seulement quand on en juge le moment opportun. Si l’élève refuse de prendre sa fiche à la fin du cours, si elle disparaît, est rendue avec du retard ou non signée, le passage en mode indépendant est automatiquement induit par ces comportements. Il convient évidemment d’informer les élèves de cette règle d’automatisme à l’avance, même s’il est toujours possible d’en limiter l’effet à une seule fiche en « mode indépendant » avant de retenter éventuellement une expérience en « mode partenaire ». A chaque professeur de concevoir son propre code, du moment qu’il est clairement compréhensible et a été communiqué à l’avance aux élèves et à leurs parents. En mode indépendant, le professeur conserve en permanence les originaux des fiches, il peut toutefois en remettre des photocopies à faire signer dans le but de préparer un entretien avec les parents, par exemple.

D’un point de vue ergonomique, ces fiches sont très pratiques, car, d’une part, elles fournissent autant de modèles de rapports pré-remplis et, d’autre part, les fiches des élèves les plus agités se placeront d’elles-mêmes au sommet de la pile des fiches de chaque classe. On obtient ainsi un classement involontaire, mais tout à fait objectif permettant d’accentuer la pression sur les cas les plus difficiles. Une photocopie de format A4 en recto-verso ou A3 en recto simple suffit à l’établissement et au renouvellement de toutes ces fiches.

A présent, nous allons distinguer les deux principaux modes de conception et de fonctionnement de ces fiches. L’adoption et le passage d’un mode à l’autre est à la discrétion du maître. Toutes les combinaisons sont possibles dans le respect de la liberté pédagogique et de la responsabilité de la marche de la classe qui incombe au professeur. La seule condition de l’exercice de cette liberté est que le professeur choisisse la fiche correspondant à son mode de fonctionnement (« partenaire » ou « indépendant ») et communique cette information aux intéressés.

 

En « mode partenaire »

Au bout d’une ou plusieurs observations, si aucune amélioration n’est constatée, un entretien est à prévoir avec l’élève, les parents, éventuellement la direction (ou l’équipe éducative) et le professeur. Les parents s’engagent à soutenir le professeur dans l’éducation de leurs enfants, afin que de tels comportements disparaissent et que la classe soit agréable et sans tensions :

Signature des parents : le respect des règles précédentes est la conséquence directe du principe de l’obligation scolaire qui a été proclamée comme l’un des droits fondamentaux de l’homme. L’obligation d’assiduité et l’obligation de travail procèdent directement du droit à l’éducation inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (art. 26) et dans le Préambule de notre Constitution. Les enseignants sont les dépositaires et les garants du respect et de l’application de ces droits inaliénables, c’est-à-dire auxquels même l’intéressé lui-même, ses parents ou ses tuteurs légaux ne peuvent renoncer.

Au cas où les signalements précédents (voir Maquettes, RTF ou PDF) constituent un ensemble pour lequel il faut trouver une solution disciplinaire, un engagement écrit sera établi lors de l’entretien avec l’élève et ses parents fixant l’un (ou plusieurs) des objectifs à améliorer et un travail de réintégration à accomplir en gage de bonne foi, au cas où la promesse ne serait toujours pas tenue, même après cet engagement écrit.

A partir du troisième contrat de comportement, les travaux de réintégration arbitrés deux fois par les parents n’ayant pas prouvé leur efficacité, ceux-ci sont fixés par l’équipe éducative et/ou le chef d’établissement, mais jamais par le professeur lui-même qui ne fait que requérir comme partie et non comme juge.

Une variante facile à établir peut consister à conserver le pouvoir de punir entièrement entre les mains du professeur, comme le BO du 13 juillet 2000 le prévoit. Plusieurs variantes sont possibles, même si nous présentons ici la plus audacieuse et sophistiquée (mais peut-être aussi la plus prometteuse, nous expliquerons pourquoi dans le Commentaire de l’outil).

Contrat de comportement passé avec les parents et rédigé lors de l’entretien entre les différents partenaires éducatifs :

Date du contrat de comportement et échéance du bilan :
Comportement(s) à améliorer :

Travail de réintégration à accomplir par l’élève si la promesse n’est pas respectée : le professeur conseille les parents qui fixent le travail de réintégration. Le professeur passe en mode indépendant si les parents proposent des tâches inadéquates ou sont indisponibles dans les huit jours suivant la demande d’entretien.

Les travaux de réintégration dans une vie scolaire saine ne peuvent être que des réparations et/ou des travaux d’apprentissage dans la matière concernée. Des privations d’avantages et de services sont aussi possibles (voir le lien « Punitions et sanctions éducatives »).

Les « lignes » sont interdites, mais pas le fait de recopier une leçon, les « zéro de conduite » et les punitions collectives sont également interdites. On peut exiger des excuses orales ou écrites, une rédaction sur un thème moral et civique en relation directe ou indirecte avec l’acte ou tout simplement des travaux supplémentaires dans la matière concernée par le comportement incriminé.

Il est nécessaire que l’élève puni soit associé au processus de son amendement, ce que ne permet pas l’administration d’un « savon » ou d’un coup, par exemple. Le « savon » ne présente d’intérêt par rapport à l’effectuation d’une punition que si on le conçoit comme un réel acte de communication, laissant une place à l’échange, même symbolique. C’est cet échange symbolique de reconnaissance qui fonde l’efficacité d’une punition ou d’une sanction éducative. Dans tous les autres cas, on obtient en fait un renforcement du comportement que l’on cherchait à éliminer.

L’intensité de la punition ne garantit pas directement son efficacité, elle se doit surtout d’être progressive et adaptée. Son rôle est essentiellement d’introduire une faille, une contradiction dans le comportement de l’élève qui accomplirait ses punitions tout en continuant à défier les règles. Si les punitions sont clairement proportionnées aux actes et justifiées de telle sorte qu’on ne puisse en dénoncer l’arbitraire, la persistance de certains comportements plutôt incohérents ne pourra que discréditer l’élève aux yeux de la classe et déjouer toute ambition de leadership.

Le fait qu’un élève désobéisse à un professeur n’est pas un événement grave en soi, mais il est nécessaire que le maître ait appris à détourner cet acte de désobéissance à son profit et au discrédit de l’élève. Ici réside la dissuasion la plus efficace. Le sens symbolique des sommations, des fiches et des punitions doit aider à réaliser cet objectif qui offre le moindre coût en termes de punitions pour une efficacité optimale.

L’habitude de ne pas réussir à donner l’impression que le maître était injuste et le contrevenant juste sera encore la meilleure des dissuasions à long terme (beaucoup plus que la sévérité intrinsèque des sanctions).

Signature des parents : (facultative en mode indépendant)
Signature du professeur : seulement à l’archivage des punitions (voir maquettes)
Signature du chef d’établissement ou d’un membre de l’équipe éducative (éventuellement et notamment en cas de défaillance des parents) :

Promesse rédigée par l’élève : l’élève mineur ne peut pas signer, mais la mise à l’épreuve de son pouvoir d’effectuer et de tenir des promesses est la situation pratique par excellence sans laquelle il ne saurait y avoir aucun progrès dans le sens d’une éducation morale et civique. On peut toutefois supprimer cette case, si on ne la juge pas indispensable. Tout est amendable, l’essentiel est de savoir au nom de quels objectifs on le fait, comment on les justifie et de placer ces hypothèses en rapport avec les effets induits dans la réalité.

Les élèves et les parents admettent qu’il puisse exister des différences dans la rigueur disciplinaire des professeurs, certains étant plus tolérants et d’autres plus rigoureux. Toutefois, ils n’admettent pas l’incohérence, le manque de dispositions claires permettant d’identifier sans équivoque le type d’autorité exercé, revendiqué et assumé par un même professeur. Les fiches sont donc destinées à fournir des repères extrêmement clairs au sujet des exigences et des procédures disciplinaires avec lesquelles un maître peut s’identifier, encore faut-il qu’il communique avec une pédagogie suffisante à propos de son choix éthique et déontologique.

Or, les fiches possèdent deux atouts par rapport aux simples indications orales : l’aspect visuel, archivé qui plus est, et l’aspect kinesthésique, puisqu’il s’agit d’un outil qu’on peut aussi manipuler et pas simplement contempler. Aussi, devant tous les membres de la communauté éducative, le maître disposant de l’outil de vie scolaire va multiplier par trois les canaux de communication fondant ses réclamations, tandis que le contrevenant n’aura que sa parole pour lui servir de preuve. Grâce à l’outil de vie scolaire, entre le maître et l’élève, ce ne sera donc plus « parole contre parole », mais « parole contre preuves », ce qui n’est pas un mince avantage en toutes circonstances.

De plus, l’exigence de crédit est clairement délimitée, tandis que la revendication d’une confiance en fonction des personnes et non plus sur la base de règles et de rapports écrits est tellement indéfinie qu’elle peut sembler comme une demande de « chèque en blanc ». Au contraire, avec l’outil vous ne demandez qu’une provision très modeste sur des points délimités par un consensus et qui ne peuvent donc induire vos partenaires à en faire une question de personnes et d’amour, mais seulement un point juridique à respecter, sans désavouer personne, mais seulement critiquer et sanctionner certains comportements.

En apportant ce maximum de garanties avec finalement assez peu de contraintes à l’usage, les professeurs pourront obtenir une avance bientôt considérable en terme de crédit et d’autorité auprès de leurs partenaires. Il ne faut donc pas commencer par réclamer la confiance comme préalable (de toute façon on sait qu’elle est aujourd’hui particulièrement menacée), mais réfléchir sur les moyens de la construire et de l’inspirer à coup sûr dans une perspective à efficace à long terme.

 

Commentaires du professeur, en fonction de l’amélioration ou bien des observations de nouveau signées par les parents jusqu’au bilan : 1er cas : encouragements pour le comportement qui s’est amélioré ; 2e cas : demande d’accomplissement du travail de réintégration pour obtenir un gage de bonne foi de la part de l’élève et une preuve de ce qu’il est de nouveau capable de promettre et d’obtenir du crédit sur sa simple parole.

L’effectuation du travail de réintégration offre à l’élève la possibilité de restaurer son autorité et d’être protégé par les règles scolaires. La compréhension de cet enjeu est fondamentale si on souhaite donner une portée éducative à une punition.

On doit alors dire à l’élève : « fais cette punition (ou ce travail de réintégration) ou accepte cette privation d’avantages et de services et je pourrai de nouveau te croire sur parole, car pour l’instant et tant que tu ne t’es pas amendé tu n’as plus de parole, il nous est impossible de te croire… ».

Tant qu’un élève n’a pas rendu une punition, on doit bien montrer que son crédit est anéanti et qu’il ne jouit plus exactement des mêmes droits, sans toutefois tolérer ou donner lieu à des vexations.

On doit bien montrer qu’il y a quelque chose de positif dans une punition et qu’elle est décidée en priorité dans l’intérêt de l’élève, sinon elle sera toujours perçue comme une forme de vengeance appelant d’autres vengeances et ceci en suivant un cycle inexpiable.

Toutefois, si une punition n’est pas faite, elle est automatiquement doublée, une fois, puis deux fois. Au-delà, il est préférable de ne pas continuer à en augmenter la taille, mais de s’appuyer sur la vie scolaire pour faire exécuter ces travaux pendant les heures de colles ou les journées d’exclusion-inclusion en salle surveillée et éventuellement avec une aide éducative. Il est également possible de faire réaliser la punition en classe sous notre surveillance ou bien chez un collègue avec lequel on s’est arrangé pour trouver une issue raisonnable à ce litige (dans l’enseignement primaire notamment).

Après ce bilan, cette feuille (recto-verso) est classée et on en établit une nouvelle.

 

En « mode indépendant »


Au bout d’une ou plusieurs observations, si aucune amélioration n’est constatée, le professeur punit l’élève selon les modalités fixées par le BO du 13 juillet 2000. Le professeur prend soin de conserver la chronologie et les motifs exacts des punitions afin de ponctuer le passage d’une fiche de liaison à l’autre, chaque punition accomplie permettant en principe à l’élève de s’amender et donc d’obtenir une nouvelle fiche, même si les précédentes sont archivées et leurs copies communiquées aux parents pour signature et information. Les parents conservent les photocopies des fiches de liaisons archivées.

A discrétion du professeur, un entretien peut être prévu avec les parents, éventuellement la direction (ou l’équipe éducative) et l’élève. L’ordre du jour d’un entretien avec les parents peut être immédiatement fourni par l’examen de la fiche de liaison dont le professeur communique une photocopie aux parents. On peut ainsi convoquer plus souvent les parents en concevant des entretiens plus courts grâce à l’encadrement par cet ordre du jour clairement délimité. Il faut éviter tout jugement de valeur sur l’enfant ou même tout jugement global et se contenter d’énoncer, fiche à l’appui, les différents comportements ponctuels reprochés et demander simplement qu’ils ne se reproduisent plus, en s’en tenant strictement aux faits.

On peut éventuellement faire remarquer qu’il s’agit là d’indicateurs comportementaux n’ayant pas de prétention à l’exhaustivité. Toutefois, ils sont le reflet de difficultés de conduite tout à fait réelles. On donne alors à l’élève des objectifs de conduite à améliorer en fonction de consignes claires et lisibles sur la fiche elle-même. En effet, certains élèves prétendent que les règlements intérieurs sont trop longs, complexes et sans conséquences détaillées en cas de non respect. Ces fiches permettent de répondre à une telle objection dans un esprit de transparence et d’efficacité préventive.

A la place du « contrat de comportement » dans l’esprit du précédent mode partenaire, on peut à présent imaginer un tableau simplifié ou même une simple case blanche pouvant par exemple contenir les informations suivantes :

Date de sommation avant punition ou date de punition et date de rendu :
Comportement(s) à améliorer ou motif :
Punition à accomplir par l’élève : les punitions dans une vie scolaire saine ne peuvent être que des privations d’avantages et de services, des réparations et/ou des travaux d’apprentissage dans la matière concernée ; dans ce cas, il est plus juste de les nommer « travaux de réintégration », puisqu’il s’agit de supprimer l’aspect négatif de la « punition » pour réserver celui-ci à la notion de « sanction » (qui elle-même doit avoir une dimension positive de conséquence et de remédiation (cf. B.O. du 13 juillet 2000)).
Signature des parents : en cas d’entretien préalable
Signature du professeur : en cas d’entretien préalable
Signature du chef d’établissement ou d’un membre de l’équipe éducative (éventuellement et notamment en cas de défaillance des parents) :
Promesse rédigée par l’élève : case facultative, le sens de la promesse peut aussi se manifester par d’autres canaux, parfois même non verbaux.
Commentaires du professeur, en fonction de l’amélioration ou bien des observations inscrites sur la fiche jusqu’au rendu de la punition : 1er cas : encouragements pour le comportement qui s’est amélioré ; 2e cas : nouvelle fiche ou nouvelle punition en fonction de l’ergonomie. Si, par exemple, le comportement s’améliore, même temporairement, on peut alors en profiter pour établir une fiche vierge en gage de reconnaissance d’une telle amélioration et d’encouragement.

 

Après ce bilan, cette feuille (recto-verso) est classée et on en établit une nouvelle.


Auteur : Mathieu Kessler
Automne 2003