Problématique de l'autorité
exercice de problématisation : nous pouvons
constater qu'il existe une parenté des thèses paires et une parenté
des thèses impaires dans le sens de la contradiction terme à terme de
ces deux familles : nous commençons par la thèse 1 et en déduisons
logiquement une suite de thèses contraires les unes avec les autres :
Problème I :
Thèse 1 : « L'autorité implique
une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté. »
Hannah Arendt, La crise de la culture. Thèse 2 : « L'autorité implique une obéissance
dans laquelle les hommes perdent leur liberté. » ................................
Thèse 3 : l'obéissance suppose une
adhésion : « on s'oblige », on peut s'obéir à soi-même. Thèse 4 : l'obéissance est une perte
de liberté : « on est obligés au sens de contraints »,
c'est toujours aux autres que j'obéis et non à moi-même. ................................
Thèse 5 : la liberté est garantie par
les lois. Thèse 6 : les lois entravent la liberté
de l'individu ou des groupes particuliers. ................................
Thèse 7 : l'autorité existe telle que
définie par Hannah Arendt. Thèse 8 : l'autorité n'est qu'une dissimulation
de la contrainte, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de phénomène original
de l'autorité : toute autorité est une dissimulation de la violence,
du rapport de force. Toute autorité est autoritaire et tend à s'affirmer
comme autoritarisme, elle n'admet aucune résistance. .................................
Thèse 9 : l'autorité est reconnue lorsqu'elle
est juste et conséquente, elle s'appuie sur un sentiment de respect
réciproque et un rapport dissymétrique d'admiration, de crédit, de confiance
qui ne doivent pas décevoir (= usage déontologique de l'autorité).
Obéir à une autorité nous donne forces, cohérence et justice. L'autorité
protège la communauté des rapports fondés sur la violence. Thèse 10 : l'autorité est reconnue
lorsqu'elle paraît juste, mais sans l'être, elle est fondée sur le respect
de certaines apparences qui flattent (= machiavélisme). Elle est
essentiellement une force de manipulation qui refuse l'affrontement
direct. L'autorité permet la fiction communautaire là où il n'y a que
des individus sans intérêts communs, en lutte permanente les uns contre
les autres.
Auteur : Mathieu Kessler
Automne 2003
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