Présents :
A. Berthet, C. Cals, C. Deville, P. Dupuis, P. Frémaux, G. Guétemme,
L. Guirard, M. Lefèvre, J. Michaud, M.J. Rebillaud, F. Thauré
Excusés : C. Bobo, C. Llovera, C. Sibille, M.L.
Thomas
Ordre du jour :
- Formation de formateur
- Certifications complémentaires
- Équipements informatiques pour la musique à Blois
- Réforme du CPRE
Formation de formateur
Rappel des dates et des procédures d’inscription : les propositions
de formation de formateurs sont actuellement en ligne et les formateurs ont
jusqu’au 13 juin pour s’inscrire sur le site internet de l’IUFM.
Rappel des formations proposées par l’UCFR « enseignements
artistiques »
- Aide aux conseillers pédagogiques et tuteurs d'éducation musicale.
- Images, sons et création multimédia
- Vidéo numérique
- Les pratiques théâtrales : une démarche d'apprentissage
(niveau 1) et (niveau2)
PLC - Certifications complémentaires
Pour clarifier les procédures de recrutements sur les postes à
profil en section optionnelle et lourde en théâtre, cinéma
et histoire des arts (domaines artistiques non validés par un CAPES),
une certification complémentaire est actuellement mise en place dans
l’académie.
Cette année, les enseignants actuellement en poste en option lourde et
souvent fondateurs de ces enseignements en lycée ont été
certifiés sur présentation d’un dossier.
Tous les enseignants en option facultative doivent passer l’examen prévu
entre le 12 et le 17 septembre prochain (dossier et entretien devant un jury).
L’IUFM prévoit d’offrir
aux PLC souhaitant valider leurs compétences dans ces domaines un module
optionnel de 12h en théâtre, cinéma et histoire des arts.
Il ne s’agira pas en si peu de temps d’offrir une formation à
des néophytes : seuls les stagiaires ayant de réelle connaissance
pourront être aidés à acquérir une expérience
pédagogique leur permettant de construire un dossier en vue de la certification.
Ces modules seront inclus dans la liste des modules optionnels culturels proposés
aux PLC en début d’année.
Cette formule permettra de faire
le point sur l’intérêt des stagiaires pour ces domaines et
estimera leurs compétences spécifiques. Mais elle ne formera pas
les jeunes enseignants de Lettres, Histoire, Langues…à l’image
et plus généralement à l’art.
Pourtant cet élargissement disciplinaire à la production artistique
et culturelle est de plus en plus présente dans les programmes et est
prise en compte par les concours (l’épreuve sur dossier au CAPES
de Lettres peut inclure des images – ce qui décontenance beaucoup
les candidats - et l’agrégation interne de Lettres impose l’étude
d’une œuvre cinématographique depuis plusieurs années).
Par ailleurs, la réflexion (la pression) du ministère pour faire
ouvrir des ateliers en collèges et introduire un système d’options
se manifeste depuis un moment.
L’ouverture à l’art, en tant qu’introduction d’
une autre façon d’interroger le texte, devient une demande institutionnelle
mais cette approche reste un contenu de formation optionnel ou lié aux
compétences secondaires de certains formateurs.
Plutôt qu’un module optionnel, c’est une réflexion – au niveau de la formation initiale obligatoire - sur la relation entre un texte et ses représentations qui devait être lancée et les formateurs des disciplines artistiques ont, dans ce domaine, des outils à partager.
Équipements informatiques pour la musique à Blois
Les formateurs en éducation musicale du site de Blois avaient fait état
en décembre de l’inadéquation du matériel disponible
avec les besoins en formation. Une rencontre avec le responsable su site est
prévue le 14 juin et leur fait espérer une résolution du
problème : demande d’achat de matériel en priorité
pour l’enseignement musical.
Réforme du CPRE
Les formateurs ont tous pris connaissance des nouvelles modalités d’organisation
du concours des professeurs des écoles. La discussion porte sur :
1. les enjeux des modifications apportées à l’évaluation
des candidats dans le domaine des arts
2. la proposition de maquette élaborée par la direction
3. les contenus de formation
4. question pour les PE2
1. les nouvelles épreuves
une approche réductive des disciplines artistiques
En arts visuels, l’épreuve fait disparaître la pratique et
en musique, le chant n’est plus obligatoire.
L’idée même des arts visuels est ici modifiée : les
programmes insistent pourtant de façon très claire sur le fait
qu’il s’agit d’arriver à la connaissance des œuvres
et des problèmes artistiques par la pratique. Mais ici un candidat peut
réussir l’épreuve sans avoir jamais touché un outil.
Or comment mettre des élèves en pratique si l’on a soi-même
jamais manipulé. A moins que les contenus et les objectifs disciplinaires
ne soient appelés à changer ?
Quant au chant qui n’est plus obligatoire, faut-il y voir l’annonce
d’une disparition de cette pratique que les programmes considèrent
comme essentielle et dans laquelle les enseignants ont déjà beaucoup
de mal à se risquer.
un texte mou
Le texte officiel donne très peu de précisions sur les connaissances
à développer en arts visuels et en musique. Dans un premier temps
: « le candidat doit faire ressortir ses connaissances d’ordre artistique
et culturel ainsi que ses capacités à les réinvestir dans
des situations éducatives » puis : « le jury présente
au candidat un document (sonore ou visuel) afin d’élargir l’entretien
à un champ différent de celui qui a été choisi (pour
l’exposé ou l’expression musicale) »
Comment devons nous comprendre la distinction faite entre « artistique
» et « culturel » alors que les programmes de ces deux disciplines
insistent fortement sur la valeur artistique des problématiques développées
par ces enseignements ?
Et quel sens mettre derrière l’expression « champ différent
» pour la deuxième partie de l’épreuve ? La différence
se situera-t-elle au niveau technique, historique, thématique, symbolique…?
Sur quelle définition s’accorder à propos de « document
visuel » ou « document sonore » proposé par le jury
? Pourra-t-il échapper au domaine artistique puisqu’il s’agit
d’élargissement à un autre champ ? Sera-t-il possible de
se trouver devant des échantillons ?
Que signifiera précisément « situation éducative
» pour le jury ? Quelles connaissances didactiques et pédagogiques
seront exigées du candidat ? Devra-t-il se situer dans le champ de l’éducation
ou de l’enseignement ?
Les formateurs espèrent que des précisions pourront être
rapidement apportées par les IPR des disciplines concernées.
Un tel flou
- rend la préparation difficile
- risque d’intimider les candidats potentiels au moment de l’inscription.
Candidats pour qui l’épreuve de littérature de jeunesse
- mieux définie et basée sur un seul document apporté par
le candidat – paraîtra moins risquée.
- Nie la spécificité des enseignements artistiques entre eux (même
texte officiel pour les deux disciplines) et – beaucoup plus grave - de
l’artistique par rapport au culturel.
Des conditions matérielles pénalisantes
Avec la suppression de la pratique en arts visuels et l’interdiction du
piano en musique, les problèmes d’organisation du concours et les
frais sont réduits au minimum mais le fait que les organisateurs soient
seulement obligés de fournir « l’accès à un
branchement électrique usuel » induit une réelle incertitude
sur le matériel à amener par le candidat.
- En terme de pratique instrumentale, les pianistes sont les plus nombreux.
Sont-ils, dans ces conditions, d’emblée pénalisés
par ces restrictions matérielles ? Ou bien, s’il s’agit seulement
de régler des problèmes de transport, les claviers numériques
seront-ils autorisés ? Les formateurs auront besoin de connaître
rapidement l’interprétation que les jurys seront autorisés
à faire de ce texte pour éviter de faire courir un risque de nullité
aux candidats.
- En arts visuels, il est précisé que les DVD sont admis (le document
apporté par le candidat peut en effet être choisi dans «
le champ cinématographique ») mais la salle sera-t-elle équipée
d’un téléviseur et de lecteur de DVD ? (nous savons tous
que les ordinateurs portables – dont tous les candidats ne disposent pas
forcément - proposent un rendu visuel et sonore très décevant
de ce type de document.
Nous signalons en passant que plusieurs salles d’arts visuels de l’IUFM
n’étant pas équipées pour la lecture des DVD, la
préparation à l’utilisation de ce type de support s’annonce
elle-même problématique sur certains sites (Tours, Bourges, Châteauroux…).
Et si un candidat veut présenter une production filmique personnelle
(le texte ne l’interdit pas), il ne pourra pas disposer du matériel
nécessaire à une telle production sur tous les sites et rien ne
dit qu’il aura les moyens de présenter ce « document visuel
» au jury.
La situation de concours ne favorisant pas la moindre prise de risque, les candidats
se limiteront sans doute volontairement au support papier. Les prestations en
seront moins variées et les candidats ayant des compétences particulières
seront empêchés d’en faire état alors que le texte
leur offrait en théorie cette possibilité.
Pas de jury spécialisé
?
L’incertitude organisationnelle qui concerne la constitution des jurys
rend également la préparation à l’IUFM mais surtout
les choix des options et des documents par les candidats très difficiles.
Le principe d’une notation globale faisant la somme de compétences
:
- générales relatives « au métier de professeur des
écoles »
- disciplinaires en arts visuels, musique ou littérature de jeunesse
[compétences d’ailleurs laissées – en arts visuels et en musique - à la seule appréciation du jury étant donné le flou du texte sur les « connaissances artistiques et culturelles » à avoir et le contenu de la « brève analyse » à présenter.]
fait craindre (ce sera sans aucun
doute la solution la plus simple pour les organisateurs du concours) des jurys
de généralistes dont les compétences et surtout les préoccupations
ne permettront pas l’évaluation équitable de tous les candidats
– surtout de ceux qui s’éloigneront un peu des lieux communs
en parlant d’œuvres peu connues. Ici encore – surtout en arts
visuels - un phénomène d’autocensure risque d’empêcher
les candidats de faire état de toutes leurs compétences, de peur
d’aller contre les représentations souvent très traditionnelles
des non spécialistes sur la façon de voir une œuvre et sur
ce que doit être la pratique artistique en classe.
Quant aux documents visuels et sonores qui pourront être choisis par ce
type de jury afin de permettre un « élargissement» de l’entretien,
leur intérêt est plus qu’incertain.
Enfin, cette notation globale ne
permettra pas non plus de savoir si :
- le candidat échoué doit retravailler la première ou la
deuxième partie de l’épreuve
- le candidat reçu – avec une note moyenne - a vraiment réussi
l’épreuve artistique. Dans ce cas, faudra-t-il continuer à
exclure des formations disciplinaires les PE2 ayant choisi de passer une épreuve
artistique au concours ?
Pas de temps de préparation
à l’étude du « document » proposé pour
« élargissement »
Contrairement à l’étude du dossier proposé pour la
première partie de l’épreuve orale d’entretien (1
heure de préparation), en arts visuels et en musique, les candidats doivent
réagir « à chaud » sur un document proposé
par le jury et proposer un contrepoint à leur prestation.
Cette disposition laisse planer un doute sur le temps d’écoute
- avec ré écoute - indispensable à l’approche de
tout document sonore.
Mais surtout, elle implique une pratique de l’improvisation et une réactivité
particulièrement difficile à acquérir, surtout pour des
candidats (ce sont les plus nombreux) qui ont juste un an pour se doter de connaissances
culturelles de base.
Les formateurs de l’IUFM se demandent si, pour rassurer les candidats et aider les jurys, les œuvres choisies pour « l’élargissement » pourraient être prélevées dans la liste publiée dans les documents d’accompagnements des programmes.
Littérature de jeunesse
L’étude des modalités de l’épreuve amène
les formateurs à préciser que l’oralité (3ème
composante artistique, développée notamment par le théâtre,
à côté des arts visuels et de la musique) est nettement
mise en avant dans cette option du concours.
L’intitulé « littérature de jeunesse » définit
un corpus. Mais le candidat (qui devra posséder évidemment une
culture dans le domaine) sera évalué – comme l’indiquent
les critères d’évaluation fournis - sur la « qualité
de la mise en voix » et sur les liens qu’ils pourra établir
entre littérature de jeunesse et enseignement, sachant que cet enseignement
s’appuie nécessairement sur la musicalité et, plus généralement,
sur l’utilisation de la voix en littérature.
(Nous notons au passage que le texte des modalités du concours concernant
cette option ont été élaborés sous la direction
de J. C. Lallias : enseignant de l’IUFM de Créteil et directeur
de la collection « Théâtre » du CEREN-CNDP)
Toutefois, l’oralité
ne semble pas prise en compte de manière suffisante dans les contenus
fournis par l’UCFR de français : 6h de TP. Un réel apprentissage
de l’utilisation de la voix pour mettre en sens des textes demande d’y
consacrer une partie de l’horaire TD.
Nous proposons de modifier ces contenus en donnant une part plus importante
à la lecture à haute voix.
CM : envisager – non pas « spécificité et méthodologie
de la lecture littéraire » (intitulé très général)
mais « spécificité et méthodologie de la mise en
voix de textes de littérature de jeunesse » en tant que lecture
impérative et préparée comme le précise les documents
d’accompagnement des programmes (littérature cycle 3, p.6).
TD : solliciter les formateurs de
musique et de théâtre pour travailler la « lecture d’œuvres
de littérature de jeunesse » à travers une pratique en atelier
associée à une analyse du traitement didactique des notions de
pause, des niveaux de voix, d’articulation, de durée, de musicalité…
Les formateurs en arts visuels pourront assurer un module de formation sur la
BD et, d’une manière plus générale, sur la relation
texte/image présente de façon récurrente en littérature
de jeunesse. Le cas particulier des albums sans texte pourra être évoqué
mais l’essentiel de la formation semble devoir porter sur la compréhension
et l’analyse des systèmes visuels liés à un texte.
TP : préparation à l’exposé – synthèse des compétences acquises et simulation d’entretien.
2. proposition de maquette PE1
Les formateurs notent une réduction horaire mais ce que les étudiant
doivent apprendre pour se préparer à cette épreuve ne change
pas.
Ils doivent toujours acquérir des compétences en histoire de l’art.
En effet, l’analyse sonore et visuelle demande de pouvoir faire des liens
avec des mouvements artistiques que les PE1 ignorent totalement à leur
entrée en formation
Ils doivent également posséder des compétences en didactique
puisqu’on leur demande de faire des liens avec « des situations
éducatives »
En plus, comme ils doivent apprendre à réagir, sans préparation,
à des documents fournis par le jury pour « élargir l’entretien
à un champ différent », ils doivent acquérir des
automatismes et – cela aussi – demande du temps.
Enfin, comme il est impossible de construire un discours artistique sans un
minimum de compétences pratiques, il faudra maintenir la pratique d’atelier.
En terme de contenus, la réduction horaire ne se justifie pas.
3. contenus de formation PE1
arts visuels (50 heures)
cours magistraux : 3x2h en début d’année
- repères artistiques et culturels
- inventaire des notions artistiques fondamentales en lien avec des œuvres
de référence
- didactique des arts visuels
TD : 38h
- interroger et expérimenter des processus de création
- éduquer le regard pour former des auteurs et des spectateurs impliqués
- lecture de l’image pour en démonter les codes plastiques, symbolique
et pouvoir de communication
- analyser et élaborer des propositions didactiques
TP : 6h - préparation à
l’oral
Commentaire de documents visuels en lien avec l’enseignement de l’école
primaire
Musique (50h)
cours magistraux : 6h
TD : 38h
- Formation et entraînement vocal : éléments de physiologie,
travail sur la respiration, pose de la voix parlée et chantée,
initiation aux techniques d’enseignement du chant choral.
- Éléments de culture générale dans les domaines
artistiques et pédagogiques.
- Analyse d’œuvres musicales
TP : 6h - préparation à
l’oral
Commentaire de documents sonore en lien avec l’enseignement de l’école
primaire
Littérature de jeunesse (participation des « arts » au module
de 50h)
- voir remarques faites plus haut -1.
- proposition de deux modules
12h : arts visuels et littérature de jeunesse (le système visuel
de la BD / approche de la relation texte/image )
18h : principes, pratique, enjeux didactiques de la lecture à haute voix
des textes de littérature de jeunesse
ces deux modules permettront de :
- différencier cette option d’une épreuve « bis »
de français
- développer une formation actuellement indisponible sur l’oralité
- donner une cohérence au concours en faisant apparaître des liens
entre les 3 options choisies pour la deuxième partie de l’entretien.
Il s’agit en effet à chaque fois de « pratiques expressives
» basées sur les arts visuels (le voir) ou la musique (l’ouïr)
ou la littérature de jeunesse (le dire).
4. Question
Jusqu’à ce jour, les PE ayant choisi une discipline artistique au concours ne doivent plus suivre le module correspondant en deuxième année. Qu’en sera-t-il des stagiaires ayant acquis une spécialité en littérature de jeunesse ? Quel aménagement de leur formation sera-t-il envisagé pour leur deuxième année ?
Rapport établi par G. Guétemme