Hyacinthe Rigaud (1659
- 1743)
Portrait de Louis XIV (1701)
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Ce document a été choisi comme point de départ :
- reproduit dans une grande quantité de manuels d'histoire
- c'est un document patrimonial
- associé à une thématique essentielle des programmes
d'histoire du premier degré
- cycle 2 :
- cycle 3 : la monarchie absolue en France, Louis XIV et Versailles
- un exemplaire est dans les collections du musée d'Orléans
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analyse "artistique"
Cette oeuvre contribue à créer l'archétype du "portrait
royal" qui allait être repris dans toutes les cours européennes
de la première moitié du XVIIème siècle.
Pose/accesoires/ costume
- « baroque cérémonial » : mise en scène
de la grandeur de la monarchie (faste et éclat) baroque français
: beaucoup mesuré que le baroque italien (cf. maquette
du Bernin)
- roi assuré, glorieux, puissant, riche, en pleine santé (jambe
avantageuse et musclée)
- colonne : élément essentiel d'architecture, axe, support,
garantie de stabilité (les ébranler c'est menacer l'édifice
tout entier)
- bas relief : antiquité comme décor et comme caution –
ce bas relief présente ce qui fait le pouvoir et sa position en retrait
montrer que Louis le possède déjà en sa propre personne
traitement des matières (vêtements réalisés
dans des tissus luxueux - palette chatoyante de violet, bleu, rouge et or)
- rouge : symbole fondamental du principe de vie (couleur du feu et du sang)
et de l'action – image d'ardeur et de beauté, de force impulsive,
de jeunesse et santé. Le rouge somptueux (mûr), légèrement
violacé (pourpre) est l'emblème du pouvoir
- blanc : valeur limite, non couleur (un rien avant toute naissance, avant
tout commencement – aube) – lumière diurne, positive, mâle
symbole d'affirmation, de responsabilités assumées. Le roi,
dont la fonction confine à la prêtrise et qui est un guerrier
chargé d'une mission religieuse exceptionnelle a droit à la
blancheur du vêtement.
- bleu : culeur profonde, immatérielle, froide, couleur dela vérité
: c'est la couleur qui sépare l'homme de ceux qui gouvernent, de l'au-delà
(proclamation de l'origine supraterrestre et théologale des rois de
France – très chrétiens)
- Le bleu et le blanc (couleurs mariales) expriment le détachement
des valeurs de ce monde et l'envoi de l'âme libérée cers
Dieu (vers l'or) qui viendra à la rncontre du blanc virginalpendant
son ascension vers le bleu céleste
- lumière dorée (soleil)
portrait d'apparat
Genre placé au sommet de la hiérarchie académique (peinture
d'histoire / figure humaine) qui définit la peinture selon 3 principes
:
- la compositione : non pas arrangement des masses mais l'histoire, le développement
de la narration – le choix du thème et sa représentation
mentale sont la préoccupation fondamentale de l'artiste - Principe
issu des théories de l'antiquité reprises par Leon Battista
Alberti in Della pittura (1435)
- la conscrittione : le dessin : en relation avec la perspective, la proportion,
l'anatomie, le mouvement, la draperie, le cadre, le décor... permettant
la « vraisemblance » nécessaire pour convaincre l'oeil
– il s'agit d'une ressemblance idéale, résultant d'une
étude de la nature et pas d'une copie : « la belle nature »
/ conséquence logique de la croyance chrétienne à la
subordination divine de l'univers : toute chose devait être crrectement
située sur le plan divin pour être comprise. Pour le peintre,
concevoir un tableau d'histoire équivaut à un exercice de comtemplation
(après la lecture et l'étude, le peintre s'isole – dans
l'obscurité de préférence – et se concentre sur
son sujet jusqu'à ce qu'il voie le tableau dans sa tête. A partir
de cette idée, il fait un crocquis puis des études (anatomie,
expression, perspective, mouvement, costume...) jusqu'à ce qu'il termine
son oeuvre : c'est la transformation du disegno interno en un disegno externo
/ transformation du dessin en dessin. Le dessin est considéré
depuis Aristote comme le moyen privilégié pour rendre l'aspect
narratif de la représentation – seul élément de
la peinture susceptible d'être soumis à des règles et
à un enseignement rationnel.
- ricevere di lumi : la couleur : apport utile au dessin, addition finale
qui doit donner la vérité au tableau – partie la plus
faible et la plus négligée de l'enseignement académique.Le
Brun soutient que la dépendance de la couleur à la matière
lui confère un statut inférieur à celui du dessin qui
relève de l'esprit – la langue du XVIIème siècle
ne distingue pas le dessein du dessin.
Position remise en cause par Roger de Piles en 1673 in Dialogue sur le
coloris où il présente la couleur, préparée
par les apprentis, comme magnifiée par l'artiste qui doit en capter
les teintes fugitives, en fixer les transparences, faire sentir la texture
de la carnation... Le dessin n'étant qu'une grammaire indigente sans
la révélation de la couleur. Roger de Piles est admis à
l'Académie en 1699.
Cette division issue d'une ancienne méthode descriptive apelée
« définition » et « division », servira de fondement
à la théorie de l'art et de l'enseignement académique.
Le programme académique proposait une formation surtout théorique
et enseignait les techniques de dessin.
L'académie des arts est crée par Louis XIV. L'absolutisme monarchique
était en harmonie avec la théorie rationnelle des académies.
analyse "historique"
peinture officielle - peinture de propagande : il s'agit de transmettre une
certaine idée du pouvoir au même titre que les pièces de
monnaies
Le roi est en costume de sacre. Pourtant, en 1701 : Louis XIV a 63 ans et le
pays est en guerre
Le roi affirme ici sa longévité, rapelle son rôle, affirme
sa légitimité e son pouvoir absolu de droit divin.
Le sacre a eu lieu en 1654. Acte fondamental de la monarchie qui marque l'alliance
du ciel et du pouvoir temporel. Ce sacre a donné à Louis XIV -
avec les attributs du pouvoir - le rôle de Lieutenant de Dieu, de chef
des armées.
Les attributs sont tous présents dans l'image :
- l'épée de Charlemagne (commandement militaire)
- sceptre (commandement politique)
- la main de justice (autorité judiciaire)
- couronne fermée (allusion à la couronne de Charlemagne, la
tiare pontificale, le heaume)
- le cordon de l'ordre du Saint Esprit (distinction crée par Henri
II à la suite d'une victoire remportée le jour de le Pentecôte
(d'où la figure de la colombe) et attribuée à seulement
une centaine de personnes.
- manteau d'apparat semé de fleurs de lys (symbole héraldique)