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L’oral : Norme et variations

 

Types et rôles des reformulations de l’enseignant lors des phases de recherche dans différentes disciplines

 

1. DESCRIPTION SCIENTIFIQUE

Domaine de recherche :

Interactions verbales – conduites langagières – didactique des disciplines.

Objet de la recherche :

En interrogeant les reformulations de l’enseignant en situation d’interactions verbales dans un cadre disciplinaire donné, cette recherche s’inscrit dans le cadre des travaux de didactique sur la relation entre pratiques langagières et construction des savoirs. Elle vise à établir une problématique réellement inter-didactique entre formateurs de français et formateurs scientifiques de façon à répondre à terme à des besoins de formation (initiale et continue) sur la dimension langagière des apprentissages disciplinaires.
Les reformulations de l’enseignant paraissent constituer l’un des gestes professionnels importants dans la conduite des interactions verbales en classe et c’est en tant que tel qu’elles seront analysées.
- Quelles sont les formes de reprise de l’enseignant lors des phases de recherche ?
- A quelle place apparaissent-elles dans la dynamique de la co-construction discursive ?
- Avec quel rôle ?
- Quelles sont leurs relations avec le genre discursif développé (lié aux spécificités disciplinaires) ?
- Quels effets – attendus ou inattendus- ont-elles sur la suite du déroulement des interactions discursives ?
Pour avancer sur ces questions, nous nous proposons de comparer les données recueillies lors  d’enregistrements :
- dans différentes disciplines (sciences, technologie, français)
- à différents niveaux de l’école primaire (maternelle et élémentaire)
- auprès d’enseignants experts et novices.
Cadre théorique
Gülich et Kotschi qui ont proposé une classification linguistique des formes de reformulations, les font intervenir dans un processus interactif de coopération discursive. Dans les situations scolaires de recherche où nous les étudions, les reformulations – ou « reprises-modifications » (F.François) - relèvent, plus spécifiquement, de la façon dont l’enseignant se met en phase avec l’activité de l’élève, pour l’exploiter, la réorienter ou l’ajuster à son propre discours. Elles ont à voir avec l’enjeu de la communication, les déterminants de la situation (les attentes de l’enseignant, les savoirs et les obstacles possibles du destinataire) et les connaissances disciplinaires à construire.
Nous chercherons à les analyser comme éléments d’une conduite langagière (Nonnon, 2001) dont les différents paramètres seront pris en compte : la dimension interlocutive, la construction des objets de discours et le(s) genre(s) discursif(s) attendu(s).
Cet objet d’étude demande de situer  les reformulations à l’interface de trois champs scientifiques,:
- celui de l’activité des sujets parlants et des situations discursives (Culioli, Fuchs) ;
- celui de la co-construction des objets de discours en jeu dans les échanges oraux (Apothéloz, Borel, Grize, Nonnon) ;
- celui du rapport entre formes discursives et spécificités épistémologiques des disciplines (Bernié, Jaubert, Orange, Rebière).
Hypothèses de travail :
- Les reformulations de l’enseignant constituent des analyseurs de la conduite des échanges en classe, aux plans pédagogique et didactique.
- En situant les reformulations dans la dynamique des échanges, en les catégorisant et en déterminant leurs fonctions et leurs effets, l’analyse vise à distinguer dans ces formes d’intervention
1) ce qui peut être commun aux disciplines et ce qui est spécifique à chacune d’elles ; 2) ce qui peut faire obstacle aux différents apprentissages disciplinaires, les freiner ou les favoriser.

- L’analyse doit conduire à produire des outils d’analyse utilisables par des enseignants non spécialistes du langage et à définir des conditions d’enrichissement des activités langagières (de l’enseignant et des élèves) dans les disciplines concernées.

 

2. DIFFUSION DES RESULTATS

- Journée d’étude (IUFM-Université) pour communication des travaux.

- Publication des résultats sur CDROM et sur le site de l’IUFM Orléans-Tours.

- Réalisation d’outils d’analyse pour la formation initiale et continue.

- Formation de formateurs.

 

PARTICIPANTS

Isidore-Prigent Josette, MCF Sciences du langage, IUFM, Site de Tours : Coordinatrice.

Dardaillon Sylvie, PRAG. Lettres, IUFM, Site de Tours.

Poitevin Sylvie, PRCE de Sciences et technologie, IUFM, Site de Tours.

Chappuis Yannick, Massé Laurent, Passemier Sylvie, Pichon Jean-Pierre, Sabourin Dominique, PEMF.

 

MODALITES

La recherche se déroule sur 3 ans, de septembre 2005 à septembre 2008. Les réunions du groupe de recherche font alterner des phases de formation sur les outils théoriques d’analyse et des phases d’analyse avec le regard croisé des sciences du langage, des didactiques disciplinaires et des praticiens.

 

PLANNING

Année 1

- Enregistrement de situations de classe, sur différents cycles du Primaire, auprès d’enseignants débutants et confirmés

- Analyse de corpus déjà disponibles

Année 2

- Entretiens avec les enseignants enregistrés

- Analyse des données recueillies

Année 3

Mise au point d’outils d’analyse utilisables en formations initiale et continue

 

 

PARTENARIAT

Jeune équipe 2449 Dynadiv « Dynamiques et enjeux de la diversité : langues, cultures, formation », Université François Rabelais, Tours.

Castellotti Véronique, De Robillard Didier, P.U en sciences du langage. Université François Rabelais, Tours.

Bretenier Aude, MCF en sciences du langage. Université François Rabelais, Tours.

 

BIBLIOGRAPHIE

Bakhtine M. (1984), Esthétique de la création verbale. Paris : Gallimard.

Benveniste E. (1966), Problèmes de linguistique générale, Paris : Gallimard.

Bernié J-P. (2004), Verbalisation et « formulation » en mathématiques à l’école primaire : un épiphénomène ou un étayage de la construction des notions mathématiques ? Faut-il parler pour apprendre ? Arras : CD des Actes du colloque.

Bruner J. (1983), Le développement de l’enfant : savoir faire et savoir dire. Paris : Presses universitaires de France.

Culioli A. (1990), Pour une linguistique de l’énonciation, T.1. Paris : Ophrys.

De Gaulmyn M-M (1987), Actes de reformulation et processus de reformulation, in Bange P (ed) La dame de Caluire,. Berne : Peter Lang.

François F. (1993), Pratiques de l’oral. Paris : Nathan pédagogie.

Fuchs C. (1994), Paraphrase et énonciation. Paris : Ophrys.

Garcia-Debanc C. (1998), Une argumentation orale dans une démarche scientifique au cycle 3, Repères 17, 87-108.

Garcia-Debanc C. (2001-2002), Les compétences et les difficultés d’une enseignante débutante à gérer une situation d’oral dans le cadre d’une activité scientifique, Repères 24-25, 201-236.

Grandaty M. (1998), Elaboration à plusieurs d’une conduite d’explication en sciences au cycle 2, Repères 17,109-125.

Grize J-B. (1984), Sémiologie du raisonnement. Berne : Peter Lang.

Grize J-B. (1990), Logique et langage. Paris : Ophrys.

Grize J-B. (1996), Logique naturelle et communication. Paris : Presses universitaires de France.

Gulich E & Kotschi T. (1987), Les actes de reformulation dans la consultation, in Bange P (ed) La dame de Caluire. Berne : Peter Lang.

Nonnon E. (1997), Quels outils se donner pour lire la dynamique des interactions et le travail sur les contenus de discours ? Enjeux 39-40, 12-49.

Nonnon E. (1999), L’enseignement de l’oral et les interactions verbales en classe. Revue française de pédagogie, 129, 87-131.

Nonnon E. (2001), La construction d’objets communs d’attention et de champs notionnels à travers l’activité partagée de description, L’oral dans la classe. Paris : INRP.

Rabatel A. (2004), Interactions orales en contexte didactique. Lyon : Presses universitaires de Lyon.

Vygotski L.S. (1985), Pensée et langage. Paris : Messidor.

 

ACTUALITES

Rubrique à actualiser avec :

 - les dates de réunion

- les colloques et journées d’étude